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Dans le nord d'Israël, réapprendre à vivre sans les roquettes du Hezbollah

Dans le nord d'Israël, réapprendre à vivre sans les roquettes du Hezbollah

Un homme traverse la route à Nahariya, dans le nord d'Israël, le 27 novembre 2024, après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Photo AHMAD GHARABLI / AFP

Après plus d'un an à se précipiter aux abris dès que les sirènes retentissent, les habitants du nord d'Israël savourent le calme retrouvé grâce à la trêve avec le Hezbollah, aussi fragile soit-il.

Les boutiques sont, pour la plupart, ouvertes, les bus circulent, les passants passent... A Nahariya, ville côtière à portée de roquette du territoire libanais distant d'une dizaine de kilomètres, la vie semble de nouveau normale. Mais les écoles restent fermées, et les gens sur leurs gardes.

Baha Arafat installe son stand de shawarma, heureux d'apprendre qu'une trêve vient d'être conclue avec le mouvement libanais chiite qui, depuis plus d'un an, tirait toutes sortes de projectiles depuis l'autre côté de la frontière. "Je me sens beaucoup mieux maintenant que je sais qu'il y a un cessez-le-feu", confie cet homme de 44 ans. "Il n'y a pas d'abri dans le coin et ces derniers jours ont été tendus".

A l'approche de l'accord entre Israël et le Liban annoncé mardi, le Hezbollah a en effet fait feu de tout bois, tirant quasi quotidiennement des dizaines de projectiles sur le territoire israélien. "Moins de clients venaient et les sirènes incessantes gâchaient tout", explique le vendeur. 

L'alerte passée, certains revenaient chercher leur shawarma, d'autres pas.

A proximité, Nissim et Meir papotent de la trêve. Pas de quoi jubiler, selon les deux amis. "C'est dommage, on aurait dû continuer pendant au moins deux mois pour finir le boulot", estime Nissim Ravivo. "On ne se sent toujours pas en sécurité et ça ne nous plaît pas", explique le septuagénaire.

"A quoi bon?"

Le mouvement chiite avait ouvert le front contre Israël le 8 octobre 2023, affirmant soutenir ainsi le Hamas, au lendemain de l'attaque surprise du mouvement islamiste palestinien contre Israël ayant déclenché la guerre toujours en cours dans la bande de Gaza.

Pour faire cesser les tirs du Hezbollah, l'armée israélienne a lancé dans la deuxième moitié de septembre une campagne aérienne puis également terrestre dans le sud du Liban dans l'espoir de repousser les combattants du mouvement à bonne distance de son territoire.

"J'ai vu les dégâts (provoqués par les roquettes) dans toutes les communautés des alentours", reprend Nissim Ravivo. "Tous ceux qui ont perdu leur gagne-pain et leur maison, à quoi bon?".

Quelque 60.000 personnes déplacées par les hostilités attendent toujours de rentrer chez elles dans le nord d'Israël. Venue d'Ukraine il y a deux ans, Alana Sverdlov, elle, est soulagée que les armes se taisent. Ses enfants vont enfin pouvoir retourner à l'école.

Les sirènes, les tirs, tous ces signaux de guerre qui la poursuivent, elle et sa famille...  "Ca a été stressant, en particulier pour mes enfants", témoigne la quinquagénaire. "Mais maintenant, c'est bon d'avoir un cessez-le-feu". 

Chez le caviste voisin, Nes Kari ne partage pas cet optimisme. "N'allez pas croire qu'il va y avoir la paix", lance la jeune femme de 25 ans. "Comment peut-on faire confiance en un ennemi qui a dit qu'il veut tous nous tuer?"


Après plus d'un an à se précipiter aux abris dès que les sirènes retentissent, les habitants du nord d'Israël savourent le calme retrouvé grâce à la trêve avec le Hezbollah, aussi fragile soit-il.

Les boutiques sont, pour la plupart, ouvertes, les bus circulent, les passants passent... A Nahariya, ville côtière à portée de roquette du territoire libanais distant d'une dizaine de kilomètres, la vie semble de nouveau normale. Mais les écoles restent fermées, et les gens sur leurs gardes.

Baha Arafat installe son stand de shawarma, heureux d'apprendre qu'une trêve vient d'être conclue avec le mouvement libanais chiite qui, depuis plus d'un an, tirait toutes sortes de projectiles depuis l'autre côté de la frontière. "Je me sens beaucoup mieux maintenant...