L'envoyé américain, Amos Hochstein, lors d'une rencontre avec le Premier ministre Nagib Mikati au Sérail, le 11 janvier 2024. Photo Mohammad Yassine/L'OLJ
L'émissaire américain Amos Hochstein, chargé des négociations pour un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah au Liban, a affirmé lors d'une interview à al-Jazeera que l'accord doit être pleinement mis en œuvre. Il a ajouté qu'il ne souhaitait pas un « bis repetita de ce qui s'est passé en 2006 ».
« Il est impératif que le cessez-le-feu soit permanent et mette fin aux hostilités. Nous ne voulons pas répéter les erreurs de 2006 à la fin de la guerre, et il est essentiel que l'accord soit appliqué dans son intégralité », a-t-il déclaré.
M. Hochstein a également souligné l'importance de respecter tous les articles et principes de la résolution 1701, en insistant sur la mise en place d'un mécanisme de surveillance pour garantir leur application. « Ce mécanisme est en cours de conception pour prévenir toute violation », a-t-il précisé.
Le conflit en 2006 avait pris fin avec l’adoption de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui demandait un cessez-le-feu, le retrait des forces israéliennes, le déploiement de l'armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du Liban. Cependant, après la guerre, plusieurs des dispositions de la résolution 1701 n’ont pas été entièrement mises en œuvre, ce qui a laissé des tensions persistantes dans la région.
« J'espère que cet accord permettra de mettre fin à toutes les violences qui ont marqué cette région pendant des décennies », a ajouté l'émissaire américain.
Concernant l'implication américaine, il a affirmé que les États-Unis n'avaient « pas l'intention de déployer des forces au Liban », mais qu'ils fourniront un soutien à l'armée libanaise. Il a également déclaré : « Les deux parties, libanaise et israélienne, ont le droit de légitime défense, conformément à l'accord de cessez-le-feu et au droit international. »
M. Hochstein a précisé que la Finul « jouera un rôle clé dans le mécanisme de surveillance, en accompagnant le retrait progressif des forces israéliennes et le déploiement de l'armée libanaise ».
Enfin, il a indiqué que « l'armée libanaise n'est actuellement pas en mesure de déployer un grand nombre de forces dans le sud du Liban ». Il a expliqué qu'avec l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, « l'armée israélienne restera sur place avant de se retirer progressivement sur une période de 60 jours, permettant à l'armée libanaise de reprendre ces positions. »
Un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah entrera en vigueur mercredi matin au Liban, a annoncé le président américain Joe Biden, après plus d'un an d'hostilités transfrontalières et deux mois de guerre ouverte entre l'armée israélienne et le parti chiite.
La trêve pour laquelle les Etats-Unis et la France oeuvrent depuis des semaines débutera à 4h heure de Beyrouth, a annoncé M. Biden, en saluant immédiatement l'annonce en soirée, par le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de l'approbation du cessez-le-feu par le cabinet de sécurité israélien. Dans un communiqué commun, M. Biden et son homologue français Emmanuel Macron ont déclaré que leurs pays allaient veiller à ce que l'accord de cessez-le-feu au Liban soit « mis en œuvre dans son intégralité et appliqué ». Ils ont assuré que cet accord « protègerait » Israël de la « menace » du Hezbollah, s'engageant à oeuvrer pour le renforcement des « capacités » de l'armée libanaise et le redressement de l'économie du pays. Le Premier ministre sortant libanais Nagib Mikati, a salué une « étape fondamentale » vers la stabilité régionale, et annoncé un renforcement de la présence de l'armée libanaise dans le sud, à la frontière avec Israël.


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