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Mikati à Larijani : Il ne faut pas favoriser une partie au détriment d'une autre au Liban

Téhéran soutiendra « toute décision prise par la résistance et par le gouvernement libanais », selon le conseiller iranien.

Mikati à Larijani : Il ne faut pas favoriser une partie au détriment d'une autre au Liban

Le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati (d.), recevant au Grand Sérail Ali Larijani, conseiller du guide suprême iranien, le 15 novembre 2024. Photo X/ @grandserail

Le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, a appelé vendredi l'Iran à « ne pas favoriser une partie au détriment d'une autre » et à éviter des prises de position qui risquent d'affecter les « sensibilités » des uns ou des autres, lors d'une réunion avec Ali Larijani, le conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei. 

M. Mikati a haussé le ton ces dernières semaines à l'encontre de l'Iran et des « tentatives d'ingérence » dans les affaires du Liban. En début de semaine, lors d'un sommet arabe et islamique à Riyad, il avait appelé à « mettre fin aux ingérences étrangères », sans mentionner spécifiquement Téhéran. Mi-octobre, il avait accusé ouvertement l'Iran d'ingérence et de « tentative de mise sous tutelle », en réaction à des déclarations du président du Parlement iranien, qui avait affirmé, puis démenti, dans un entretien au Figaro que Téhéran était prêt à négocier sur le futur du Liban-Sud.

M. Larijani était arrivé à Beyrouth vendredi vers 9h30, alors que la banlieue sud de la capitale se faisait bombarder par Israël. L'Aéroport international de Beyrouth (AIB) se trouve à la bordure de la banlieue sud, considérée comme un fief du Hezbollah. 

Lors de la réunion, et selon un communiqué de son bureau de presse, M. Mikati a reçu le conseiller iranien en présence de l'ambassadeur Mohammad Reza Chaibani, représentant spécial du ministre iranien des Affaires étrangères pour le Moyen-Orient. Au cours de l'entretien, le Premier ministre a souligné l'importance de « soutenir la position de l'État libanais » sur l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU. Adoptée en 2006 pour mettre fin aux hostilités entre le Hezbollah et Israël, ce texte prévoit que seules l’armée libanaise et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) peuvent opérer au sud du fleuve Litani. Cependant, le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a maintenu une présence significative dans cette région, que les frappes aériennes et offensives terrestres israéliennes prétendent maintenant détruire.

Selon le chef du gouvernement, Beyrouth « donne la priorité à la fin des hostilités israéliennes contre le Liban et à l'application de la 1701 dans son intégralité, sans aucun amendement ou interprétation ». Dans ce cadre, « les contacts » diplomatiques se poursuivent, a-t-il assuré. M. Mikati a encore appelé à « soutenir l'unité nationale et ne pas prendre de positions qui suscitent des sensibilités parmi les Libanais et favorisent une partie au détriment de l'autre ».

De son côté, M. Larijani a souligné que « l'Iran appuie toute décision prise par le gouvernement », notamment en ce qui concerne la résolution 1701, et « soutient l'élection d'un président qui sera accepté » par tous. 

Après sa visite au Sérail, Ali Larijani a été reçu à Aïn el-Tiné par le chef du Parlement libanais, Nabih Berry. 

Soutien iranien au Hezbollah

À l'issue de sa réunion avec M. Berry, M. Larijani a assuré que « la République islamique d'Iran se tiendra aux côtés du Liban dans toutes les circonstances », estimant que c'était là son « devoir » et espérant que la situation permettra «rapidement» aux déplacés de rentrer dans le Sud.

Il a encore affirmé que Téhéran soutiendra « toute décision prise par la résistance et par le gouvernement libanais », démentant toute intention de « saboter » les pourparlers américains pour un cessez-le-feu. « Ceux qui sabotent la situation, ce sont Netanyahu (le Premier ministre israélien, ndlr) et ses partisans », a répondu le conseiller en réponse à une question d'un journaliste. Il a ajouté avoir «transmis un message» à Nabih Berry de la part du guide suprême. M. Berry mène les pourparlers sur un éventuel cessez-le-feu entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

Ali Larijani a encore qualifié de « plaisanteries » les informations sur un arrêt du soutien iranien au parti chiite. « Le Hezbollah est un movement solide, qui sait comment agir, et les Libanais sont un grand peuple. Comme nous l'avons dit, nous soutiendrons la résistance en toutes circonstances », a-t-il lancé. 

Le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, a appelé vendredi l'Iran à « ne pas favoriser une partie au détriment d'une autre » et à éviter des prises de position qui risquent d'affecter les « sensibilités » des uns ou des autres, lors d'une réunion avec Ali Larijani, le conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei. M. Mikati a haussé le ton ces dernières semaines à l'encontre de l'Iran et des « tentatives d'ingérence » dans les affaires du Liban. En début de semaine, lors d'un sommet arabe et islamique à Riyad, il avait appelé à « mettre fin aux ingérences étrangères », sans mentionner spécifiquement Téhéran. Mi-octobre, il avait accusé ouvertement l'Iran d'ingérence et de « tentative de mise sous tutelle », en réaction à des déclarations du président du...