Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au cours d'une session parlementaire à Jérusalem le 28 octobre 2024. Debbie Hill/AFP
La police israélienne enquête actuellement sur des potentielles modifications de procès-verbaux de réunions tenues au début de la guerre entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ancien aide de camp, le général de division Avi Gil, croit savoir le quotidien Haaretz
Selon un rapport que le général Gil a remis il y a plusieurs mois au procureur général Gali Baharav-Miara, le bureau du Premier ministre a tenté de modifier plusieurs détails de ces documents officiels.
Les interrogations des enquêteurs se portent sur le chef de cabinet, Tzachi Braverman, qui est notamment soupçonné d’avoir soudoyé un officier supérieur du secrétariat militaire du Premier ministre pour obtenir l'accès à ces procès-verbaux, archivés au secrétariat dans l'intention de les modifier. Ce dernier aurait utilisé des documents sensibles appartenant à l'officier supérieur pour le faire chanter.
Jusqu'à présent, aucun suspect n'a été interrogé dans le cadre de cette affaire, tandis que Tzachi Braverman a nié ces allégations. « L'affirmation selon laquelle je possède des documents d'un officier ou que j'ai essayé de faire chanter quelqu'un est fausse. Il s'agit d'un mensonge du début à la fin, destiné à me nuire et à nuire au cabinet du Premier ministre en pleine guerre ».
Selon des informations du quotidien Yediot Aharonot, une enquête a également été ouverte concernant une modification apportée au procès-verbal d'une réunion du cabinet qui traitait de la préparation des sessions relatives à Israël à la Cour internationale de La Haye.
Il y a quelques mois, les services du chef d'état-major de l’armée israélienne, le général Herzl Halevi, avaient été informés que le bureau de M. Netanyahu détenait des informations de nature personnelle sur un officier qui travaillait jusqu'à récemment dans ses services. Celui-ci avait soutenu la semaine dernière que ces affirmations étaient fabriquées de toutes pièces et qu'il s'agissait d'une « nouvelle chasse contre le bureau du Premier ministre en temps de guerre, impliquant des mensonges sans fondements ». Il a ajouté que « les faits parleront d'eux-mêmes clairement et sans équivoque ».
Une autre enquête se déroule en parallèle, concernant des soupçons de fuite de renseignements sensibles de l’armée israélienne vers le bureau du Premier ministre, qui ont ensuite été transmis à des médias étrangers. Les soupçons portent à la fois sur le transfert non-autorisé d'informations sensibles brutes provenant de l'establishment de la défense, sur la déformation de ces informations et sur leur divulgation aux médias. Le principal suspect dans cette affaire est Eli Feldstein, qui était porte-parole du bureau du Premier ministre.
Un haut fonctionnaire israélien chargé de l'application de la loi a déclaré au Haaretz que la police s'efforçait de restreindre au bureau du Premier ministre le champ de l'enquête sur la fuite présumée de renseignements militaires sensibles de l’armée israélienne, et de l'éloigner du cercle proche de Benjamin Netanyahu.
La police, qui travaille aux côtés du Shin Beth sur cette affaire, a rejeté ces allégations, les attribuant à un désaccord professionnel entre les agences chargées de l'application de la loi.

