Ali Khalifa, deux ans, seul survivant de sa famille, est amputé, bandé et branché à un respirateur dans un lit de l'hôpital Alaa Addin de la ville de Sarafand, dans le sud du Liban, le 5 novembre 2024. Photo AFP/MAHMOUD ZAYYAT
Après une frappe aérienne israélienne sur le sud du Liban qui a tué plusieurs membres de la famille d'Ali Khalifa et l'a laissé enseveli sous les décombres pendant 14 heures, les secouristes ne s'attendaient pas à retrouver vivant ce garçonnet libanais de deux ans.
Amputé de la main, le corps relié à un respirateur dans un lit d'hôpital trop grand pour lui, "Ali est le seul survivant de sa (petite) famille", raconte à l'AFP Hussein Khalifa, l'oncle de son père.
Les parents, la sœur et les deux grands-mères du garçonnet ont tous péri dans cette frappe menée le 29 octobre, quelques semaines après l'intensification des opérations militaires israéliennes contre le mouvement Hezbollah au Liban.
L'attaque de Sarafand, à quelque 15 kilomètres au sud de la ville côtière de Saïda, a rasé un complexe d'appartements et fait 15 morts, parmi lesquels plusieurs membres de la famille Khalifa.
"Les secouristes avaient presque perdu tout espoir de trouver des survivants sous les décombres", témoigne M. Khalifa depuis l'hôpital de Saïda.
Mais "Ali est apparu parmi les débris dans le godet du bulldozer alors que nous pensions tous qu'il était mort (...) Il a émergé des décombres, respirant à peine, après 14 heures" sous les débris, souffle-t-il.
Israël est en guerre ouverte contre le Hezbollah depuis fin septembre, parallèlement à sa guerre contre le Hamas à Gaza depuis octobre 2023, déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien.
Depuis le 23 septembre, l'escalade du conflit a fait plus de 2.600 morts au Liban, selon les chiffres du ministère de la Santé.
- "Cicatrices psychologiques" -
A l'hôpital de Saïda où Ali a été transporté d'urgence, les signes de la violence de l'attaque sont partout visibles.
Le garçonnet, plongé dans un coma artificiel après l'amputation de sa main droite, doit subir une intervention chirurgicale à Beyrouth avant la pose d'une prothèse.
"Nous attendons la fin des opérations avant de le réveiller", confie Hussein Khalifa.
D'autres proches luttent également pour leur survie après la frappe de Sarafand.
L'une des nièces de M. Khalifa, Zainab, 32 ans, est restée coincée sous les décombres deux heures durant avant d'être secourue et transférée à l'hôpital le plus proche. C'est là qu'elle a appris que ses parents, son mari et ses trois enfants, âgés de trois à sept ans, avaient tous été tués. La frappe l'a gravement blessée, la laissant avec un seul œil.
Zainab "n'a pas entendu le bruit des missiles qui se sont abattus sur la maison de sa famille", relate son oncle. "Elle n'a vu que l'obscurité et a entendu des cris assourdissants".
Ali Alaa Eddine, médecin en charge de son suivi, explique que "les cicatrices psychologiques de Zainab sont bien plus importantes que ses blessures physiques".
Il soigne également la sœur de Zainab, Fatima, 30 ans, blessée lors de la même attaque. Toutes deux ont subi des blessures "sur l'ensemble du corps, avec des fractures aux pieds et des lésions pulmonaires", indique le médecin.
D'un point de vue médical, poursuit-il, "les cas de Zainab et de Fatima ne font pas partie des plus difficiles auxquels nous avons été confrontés pendant la guerre, mais ils sont les plus graves sur le plan psychologique et humain".
Amputé de la main, le corps relié à un respirateur dans un lit d'hôpital trop grand pour lui, "Ali est le seul survivant de sa (petite) famille", raconte à l'AFP Hussein Khalifa, l'oncle de son père.
Les parents, la sœur et les deux grands-mères du garçonnet ont tous péri dans cette frappe menée le 29 octobre, quelques semaines après l'intensification des opérations militaires israéliennes contre le mouvement Hezbollah au Liban.
L'attaque de Sarafand, à...


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