Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo d'archives AFP
Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a déclaré mercredi, à la chaîne Al-Arabiya, que « si l'armée était présente à la frontière, Israël n'aurait pas attaqué le Liban » et que le président de la Chambre, Nabih Berry, et le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, ne « souhaitent pas demander au Hezbollah de se désarmer ».
« Ils ne veulent pas appliquer les résolutions 1559 et 1680 (…) jouent aux malins dans leur gestion de la résolution 1701, et ne souhaitent pas exiger du Hezbollah son désarmement », a estimé M. Geagea. Selon lui, « la compréhension de MM. Berry et Mikati de la résolution 1701 de l'ONU est partielle » et il n’y a ni de place ni de temps pour « jouer aux malins et manœuvrer » dans l’application des résolutions internationales.
« Le gouvernement libanais doit déclarer son engagement envers les résolutions internationales pour éviter le pire, et doit également respecter la résolution 1559 qui concerne le désarmement des groupes armés », a-t-il souligné.
La résolution 1559, adoptée en 2004, demande le désarmement de toutes les milices, la fin de toute intervention étrangère au Liban, et la préservation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du pays. La 1701 (2006), prise après une guerre entre le Hezbollah et Israël, vise à établir un cessez-le-feu durable, à renforcer les forces armées libanaises dans le sud du pays et à garantir l'absence de toute force militaire en dehors de l'armée libanaise. La 1680 (2006) appelle à l'établissement d'un dialogue entre le Liban et la Syrie pour définir les relations bilatérales, en particulier en ce qui concerne les frontières et le désarmement des milices.
Selon M. Geagea, « la guerre en cours au Liban est entre Israël et l’Iran » et le pays « se dirige vers plus de morts, de destruction et de ruine ». « J'avais mis en garde contre une guerre imminente il y a plusieurs mois, et demandé à M. Mikati d'être franc avec le Hezbollah », a-t-il ajouté. Il a toutefois assuré : « Nous ne cherchons pas à prolonger la guerre pour éliminer le Hezbollah, comme on nous en accuse ».
Élection présidentielle
Au sujet de la visite cette semaine à Beyrouth de l'émissaire américain Amos Hochstein, le chef des FL a aussi estimé que certaines de ses propositions portaient atteinte à la souveraineté libanaise. M. Hochstein, qui a rencontré M. Mikati et M. Berry, a souligné qu’un accord parrainé par les États-Unis pourrait compléter la résolution 1701, une sorte d’addendum précisant les détails concrets de son application.
Au sujet de la présidentielle, M. Geagea a affirmé : « Il y a un groupe, à sa tête M. Berry, qui ne souhaite pas élire un président avant l'arrêt des hostilités. » « M. Berry doit convoquer une session parlementaire pour élire un président, et nous verrons alors qui sera absent », a-t-il ajouté. Le Liban est sans président depuis le 31 octobre 2022, date à laquelle le mandat de Michel Aoun a pris fin, sans que les députés libanais ne parviennent depuis lors à élire un nouveau chef de l'État. « Il y a une forte tendance parmi les blocs politiques à nommer le commandant de l'armée (Joseph Aoun) comme président », a-t-il également dit, avant de préciser qu’il avait lui-même « besoin de connaître la politique du commandant de l'armée avant de voter pour lui ».
Mardi, le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, avait écarté la possibilité d'une candidature du chef de l'armée qui, d'après lui, « n'a pas de projet pour le Liban et ne fédère pas les Libanais ».




Geagea tresse des lauriers à l’armée, Il a dû oublié que les Libanais ont toujours en mémoire les horreurs de la guerre qu’il a menée contre l’armée.
21 h 11, le 24 octobre 2024