Le Conseil de sécurité de l'ONU réunion à New York sur la situation au Moyen-Orient, le 2 octobre 2024. Photo AFP/BRYAN R. SMITH
Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira lundi en consultations à huis clos pour examiner le quarantième rapport semestriel du secrétaire général de l’ONU en présence de la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Rosemary DiCarlo. Ce document, qui couvre la période allant du 18 avril au 16 septembre, n’inclut pas les développements concernant les opérations terrestres israéliennes au Liban survenus après la date limite du rapport.
Il observe toutefois « que les tensions accrues entre le Hezbollah et d’autres milices libanaises et les Forces de défense israéliennes (FDI), avec des violations répétées de la souveraineté libanaise et des échanges de tirs ont contribué à une escalade des tensions régionales. » Ces consultations d’information font suite à plusieurs réunions récentes du Conseil de sécurité axées sur l’intensification rapide du conflit entre Israël et le Hezbollah et la détérioration de la situation au Moyen-Orient, notamment à Gaza et en Israël.
Guterres « profondément alarmé »
Dans son dernier rapport semestriel sur l’application de la résolution 1559, le secrétaire général de l’ONU exprime ses préoccupations principales sur la situation au Liban, en particulier l’escalade de la violence et l’absence de progrès dans l’application de ladite résolution. Il insiste sur l’importance de l’appliquer pleinement pour rétablir la paix et la stabilité au Liban tout en appelant la communauté internationale à soutenir ces efforts et les réformes nécessaires.
Adoptée en 2004, la résolution 1559 vise à renforcer la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’unité et l’indépendance politique du Liban sous « l’autorité exclusive » et unique de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire. « Cet objectif reste la priorité » du chef de l’ONU. Bien que plus de 20 ans se soient écoulés depuis l’adoption de la résolution 1559 et que le contexte sur le terrain ait changé, la résolution reste très pertinente dans le contexte actuel d’escalade des hostilités. Plusieurs éléments demandés par la résolution restent toutefois en suspens.
Le chef de l’ONU demeure « profondément alarmé » par l’escalade de la situation le long de la Ligne bleue, par l’effet de plus en plus marqué sur la population civile et le déplacement de milliers de personnes alors que la campagne de bombardement israélienne est la plus nourrie depuis octobre 2023, et aussi par la poursuite des frappes menées par le Hezbollah contre Israël, qui ont causé le décès de civils et le déplacement de populations. Il tire la sonnette d’alarme face à l’intensification des échanges de feux de part et d’autre de la Ligne bleue entre le Hezbollah et d’autres milices libanaises et non libanaises et les Forces de défense israéliennes, atteignant des niveaux dangereux ces dernières semaines, par les frappes de grande d’envergure menées par l'armée israélienne en profondeur dans le Liban, y compris Beyrouth. Il réitère sa « profonde préoccupation pour la sécurité des civils de part et d’autre de la Ligne bleue, y compris, celle du personnel des Nations unies. »
Éviter le spectre d’une nouvelle guerre civile
M. Guterres demande de nouveau à toutes les autres parties concernées de s’abstenir de toute activité militaire à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, conformément aux dispositions de l’Accord de Taëf et de la résolution 1559. « L’accord doit être préservé et appliqué par tous afin d’éviter le spectre d’une nouvelle confrontation entre les citoyens libanais et de renforcer les institutions de l’État. Toutes les parties concernées doivent concourir à l’action menée pour renforcer ces institutions, » prévient-t-il. Il souligne également l’importance de renforcer l’appui international à l’armée libanaise et aux autres institutions de sécurité de l’État, aux fins de la sécurité et de la stabilité du Liban.
Le chef de l’ONU met en exergue l’importance pour l’État libanais de reprendre le contrôle exclusif des armes et de l’usage de la force sur tout le territoire en accord avec la résolution. Il s’inquiète du fait que le Hezbollah et d’autres groupes non étatiques continuent d’opérer avec des armes sophistiquées, échappant au contrôle de l’État. Il ne manque pas d’appeler le gouvernement libanais à intensifier ses efforts pour empêcher ces groupes de se renforcer militairement.
Élire président « sans plus attendre »
Par ailleurs, le chef de l’ONU souligne la nécessité urgente pour le Liban de sortir de l’impasse politique causée par la vacance présidentielle prolongée en élisant un président « sans plus attendre ». « La crise multiforme que connaît le pays ne peut être réglée que par la voie de l’élection présidentielle, de la formation d’un gouvernement disposant de pleins pouvoirs et de l’instauration de réformes globales qui puissent satisfaire les besoins et les aspirations de peuple libanais, » estime-t-il.
Il demande aux dirigeants libanais de privilégier l’intérêt national et de coopérer pour surmonter cette impasse politique prolongée. Il rappelle aussi l’importance de l’appui international à l’armée libanaise et aux institutions de sécurité du pays pour maintenir la stabilité. Les capacités de cette dernière restent limitées face aux défis internes et régionaux, notamment en ce qui concerne la gestion des frontières et la lutte contre les milices armées.
Le rapport souligne l’impact humanitaire de la crise, notamment avec les réfugiés syriens et palestiniens. Environ 1,5 million de réfugiés syriens sont présents au Liban. L’ONU insiste sur l’importance d’un soutien financier stable pour l’Unrwa afin de répondre aux besoins des réfugiés palestiniens. Il met en évidence la montée des départs illégaux par mer, impliquant principalement des réfugiés syriens cherchant à fuir la détérioration des conditions économiques.
Le Liban continue de faire face à une grave crise économique. Les réformes attendues dans le cadre de l’accord avec le Fonds monétaire international (FMI) sont toujours en suspens. Les efforts de la communauté internationale, notamment par le biais de l’Union européenne et de certains États membres, se concentrent sur l’aide humanitaire et l’appui à l’armée libanaise pour maintenir la stabilité. La communauté internationale reste préoccupée par la lenteur des réformes et les répercussions des conflits régionaux sur le Liban. M. Guterres compte sur le gouvernement libanais pour qu’il continue d’honorer les obligations internationales, et invite toutes les parties et tous les acteurs à respecter pleinement les résolutions 1559, 1680 (2006) et 1701 (2006). L’Onu « poursuivra ses efforts pour que ces résolutions et toutes les autres résolutions sur le Liban soient appliquées dans leur intégralité ».




Il faut que les libanais soient unis derrière les SEULES institutions de l'Etat et l'armé !!!!Pour les autres promesses, on nous les a faites dans le passé et n'ont pas été tenues.
20 h 02, le 14 octobre 2024