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Politique - Guerre

Israël continue de bombarder le Liban, le Hezbollah cible encore les environs de Haïfa

L'État hébreu a de nouveau promis de combattre le parti chiite rejetant un appel international à un cessez-le-feu de 21 jours.

De la fumée noire s'élevant du site d'une frappe israélienne jeudi après-midi à Hoch, dans le caza de Tyr, au Liban-Sud. Photo Mohammad Yassine

L'armée israélienne a poursuivi ses bombardements jeudi sur le territoire libanais, bombardant de nouveau la banlieue sud de Beyrouth et ignorant un appel international à une trêve de 21 jours, alors que le Hezbollah ciblait de nouveau les environs de la ville israélienne de Haïfa, sur la côte de la Méditerranée.  

Les bombardements israéliens, qui ont causé plus de 600 morts depuis lundi, dont de nombreux civils, ont jeté plus de 90 000 personnes sur les routes, selon l'ONU. 

L'État hébreu a affirmé avoir tué le chef de l'unité de drones du parti-milice chiite pro-iranien Mohammad Srour qui, selon une source proche du Hezbollah, a été visé dans la banlieue sud de Beyrouth. Le ministère libanais de la Santé a précisé que deux personnes ont été tuées et 15 autres blessées dans cette frappe.

Le ministère a également mis à jour le bilan humain de cette guerre, qui n'est qu'une extension des affrontements entre le Hezbollah et Israël ayant commencé le 8 octobre 2023, au lendemain du début de la guerre de Gaza. Ces échanges de feu transfrontaliers, qui se sont intensifiés depuis le début de la semaine, ont causé la mort de 1 540 personnes en près d'un an, selon les autorités libanaises. Rien que dans la journée de lundi, date à laquelle les frappes israéliennes se sont intensifiées, plus de 550 personnes avaient été tuées, selon les autorités. Par ailleurs, 5 410 personnes ont été blessées en près d'un an, d'après les chiffres du centre de crise.

Plus de 31 000 personnes fuyant les bombardements israéliens au Liban se sont rendues en Syrie au cours des deux derniers jours, ont annoncé jeudi les autorités libanaises. Ce total est réparti presque à égalité entre ressortissants syriens et libanais.

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« Jusqu'à la victoire »

Israël a de nouveau promis jeudi de combattre le Hezbollah « jusqu'à la victoire », rejetant un appel international à un cessez-le-feu de 21 jours, tandis que les frappes aériennes massives se poursuivent sur l'est et le sud du Liban. Pour la quatrième journée consécutive, l'armée israélienne a ainsi mené des dizaines de frappes dans plusieurs zones du pays, en se concentrant cette fois sur le Liban-Sud et la Békaa, à l'exception de la frappe sur la banlieue sud et d'une attaque de drone dans des circonstances encore floues contre une voiture dans le village chrétien de Kahalé, dans le caza de Aley. Selon la chaîne al-Arabiya, il s'agit d'une attaque de drone visant un membre du Hezbollah, Ali Hammoud.

Des bombardements intenses ont également visé l'est du Liban, un autre fief du Hezbollah, où une frappe a fait 20 morts, presque tous des Syriens, près de Baalbeck, selon le ministère de la Santé. L'armée israélienne a annoncé avoir attaqué 75 objectifs militaires du parti chiite dans le sud et l'est du Liban, et signalé que plus de 80 « projectiles » avaient été tirés jeudi depuis le Liban vers Israël. Nos correspondants au Liban-Sud et dans la Békaa ont fait état de nombreuses frappes tout au long de la journée sur des localités de leurs régions respectives.

Notre correspondant dans le Nord, Michel Hallak, a rapporté qu’un drone détruit avait été retrouvé dans un champ de la région de Qammoua, sur les hauteurs de Fneidek. Enfin, en fin d’après-midi, une nouvelle détonation a été entendue à Beyrouth et dans le Metn, apparemment produite par une opération de l'armée libanaise qui a fait exploser des appareils de communication piégés suspects dans la région de Costa Brava-Choueifat, dans la banlieue de Beyrouth. L’armée a annoncé cette opération sur X dans la foulée de la détonation.

L'Aéroport international de Beyrouth (AIB) était relativement encombré jeudi, de nombreux voyageurs cherchant à « fuir avant que la situation ne s'aggrave », a rapporté notre journaliste sur place, Ghadir Hamadi.

Au moins onze opérations du Hezbollah

Du côté du Hezbollah, une dizaine d’opérations ont été lancées au cours de la journée, dont plusieurs visant des cibles éloignées de la ligne bleue, la frontière israélo-libanaise. Le parti chiite a notamment envoyé un escadron de drones sur la base israélienne de Shamshon, centre de commandement et d'approvisionnement régional situé à environ 30 km de la ligne bleue, entre Haïfa et le lac de Tibériade. Il a également annoncé avoir tiré des roquettes sur la ville de Kiryat Motzkin et sur les complexes militaro-industriels de Rafael, tous deux situés au nord de Haïfa. Dans son 10e communiqué de la journée, il a précisé avoir ciblé la localité israélienne de Kiryat Ata, située à quelques kilomètres à l'est de Haïfa, loin de la ligne bleue, en lançant 50 roquettes sur ce site.

Le Hezbollah a aussi affirmé avoir repoussé deux avions de chasse israéliens qui se dirigeaient en direction de Adloun (caza de Saïda) avec des  « armes de défense aérienne ». L’armée israélienne est cependant revenue à la charge plus tard dans la soirée pour bombarder ce site. Le Hezbollah a également visé la base de Dado, près de Safed, siège du commandement nord de l'armée israélienne, « avec des salves de missiles ». Il a ensuite annoncé avoir tiré 80 roquettes sur la ville de Safed, visant pour la première fois la localité elle-même et non des installations militaires qui y sont déployées, selon ses communiqués. Dans son 11e communiqué de la journée, le Hezbollah a enfin annoncé avoir ciblé la base israélienne de Mishar, « principal quartier général des services de renseignements pour la région nord avec une salve de roquettes ».

Pendant la journée, les rebelles houthis du Yémen, également soutenus par l'Iran, ont déclaré, de leur côté, qu’ils « n'hésiteront pas à soutenir le Liban et le Hezbollah ».

Trêve en gestation

Face à cette escalade, la France et les États-Unis, rejoints par des pays arabes et occidentaux, avaient appelé mercredi à un « cessez-le-feu immédiat de 21 jours » pour « donner une chance à la diplomatie ». « Il est temps de parvenir à un règlement à la frontière israélo-libanaise », ont écrit les présidents français et américain, Emmanuel Macron et Joe Biden.

Cependant, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé que l'armée poursuivrait son combat contre le Hezbollah « avec toute la force nécessaire"». « Il s'agit d'une proposition américano-française à laquelle le Premier ministre n'a même pas répondu », a indiqué son bureau. Son ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, a déclaré qu'il n'y aurait « pas de cessez-le-feu dans le nord » et que le combat contre le Hezbollah continuerait « jusqu'à la victoire ».

Deux ministres d'extrême droite, Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, ont également rejeté l'idée d'un cessez-le-feu. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a diffusé sur son compte X des photos qui le représentent accompagné de militaires, en train de regarder ce qui semble être une carte floutée de la frontière avec le Liban. Il a affirmé que « les prochaines actions offensives sur le front nord » ont été approuvées. Selon le quotidien Haaretz, M. Netanyahu est arrivé à New York et doit s'exprimer vendredi devant l'Assemblée des Nations Unies à 9h30, heure locale (16h30 à Beyrouth).

Le chancelier allemand Olaf Scholz a averti, lui, que le conflit entre Israël et le Hezbollah pourrait déclencher une « conflagration régionale » après s'être entretenu avec l'opposant israélien Benny Gantz à Berlin.

Le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, poursuit pour sa part ses rencontres diplomatiques à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, « dans le but de mettre fin à l'agression israélienne contre le Liban », indique son bureau de presse. Il s’est notamment entretenu avec le président chypriote, Nikos Christodoulides, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Mohammad ben Abdel Rahman al-Thani, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, et le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy.

Nagib Mikati a aussi abordé le dossier libanais avec le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, le haut-commissaire des Nations unies pour les Réfugiés, Filippo Grandi, et le vice-président de la Banque mondiale (BM) pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Osman Dion. Au cours de cette dernière réunion, un contact a été établi avec le coordinateur du Comité national d'urgence libanais, le ministre sortant de l'Environnement, Nasser Yassine, afin que la BM puisse étudier les mesures qu'elle pourrait prendre pour soutenir les personnes déplacées du Sud.

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« Dévastatrice »

Après l'appel de Washington et Paris mercredi en faveur d'un cessez-le-feu, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a mis en garde jeudi contre une « guerre totale » qui « serait dévastatrice pour Israël et le Liban », estimant qu'un cessez-le-feu pourrait permettre de conclure un accord de trêve à Gaza.

L'appel des États-Unis et de plusieurs autres pays pour un cessez-le-feu annoncé dans la journée a été lancé « en coordination » avec Israël, a assuré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karine Jean-Pierre. Elle a assuré que des « discussions » continuaient à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, après que le ministre israélien des Affaires étrangères a affirmé qu'il n'y aurait « pas de cessez-le-feu dans le nord » et que le combat contre le Hezbollah continuerait « jusqu'à la victoire ».

Le président turc Racep Tayyip Erdogan a déclaré, quant à lui, que les attaques israéliennes contre le Liban visant le Hezbollah se poursuivront tant que l'Occident restera silencieux, ont rapporté jeudi la chaîne de télévision CNN Turk et d'autres médias. Pour sa part, le ministre irakien des Affaires étrangères, Fouad Hussein, a discuté avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, de la nécessité d'unifier les efforts pour parvenir à un cessez-le-feu au Liban, rapporte l'agence Reuters en citant des médias d'État.

Mercredi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Herzi Halevi, avait demandé aux soldats de se préparer pour une possible offensive terrestre au Liban, réveillant le souvenir de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006.

En guerre contre le mouvement palestinien Hamas dans la bande de Gaza depuis octobre 2023, Israël avait annoncé à la mi-septembre avoir déplacé le « centre de gravité » de ses opérations vers le nord du pays, pour permettre le retour de dizaines de milliers d'habitants déplacés, dans cette région frontalière du Liban visée par des tirs de roquettes du Hezbollah depuis près d'un an.

Les tirs transfrontaliers entre l'armée israélienne et le Hezbollah ont gagné en intensité depuis la vague d'explosions meurtrières des appareils de transmission de la formation chiite libanaise, attribuée à Israël, les 17 et 18 septembre, puis une frappe israélienne le 20 septembre sur la banlieue sud de Beyrouth, qui a décapité l'unité d'élite du mouvement. Le Hezbollah, allié du Hamas, affirme qu'il poursuivra ses attaques contre Israël jusqu'à la fin de la guerre dans la bande de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé avoir frappé « plus de 2 000 cibles » du Hezbollah depuis lundi. Selon le gouvernement, 9 360 roquettes et missiles ont été tirés sur Israël en près d'un an.

Pendant ce temps, Israël poursuit son offensive dans la bande de Gaza où la Défense civile a annoncé jeudi la mort de 15 personnes dans une frappe contre une école accueillant des déplacés dans le camp de Jabaliya (Nord). Enfin, Israël a annoncé avoir sécurisé un soutien financier de 8,7 milliards de dollars des États-Unis pour appuyer ses efforts militaires en cours, selon Reuters.


L'armée israélienne a poursuivi ses bombardements jeudi sur le territoire libanais, bombardant de nouveau la banlieue sud de Beyrouth et ignorant un appel international à une trêve de 21 jours, alors que le Hezbollah ciblait de nouveau les environs de la ville israélienne de Haïfa, sur la côte de la Méditerranée.  Les bombardements israéliens, qui ont causé plus de 600 morts depuis lundi, dont de nombreux civils, ont jeté plus de 90 000 personnes sur les routes, selon l'ONU. L'État hébreu a affirmé avoir tué le chef de l'unité de drones du parti-milice chiite pro-iranien Mohammad Srour qui, selon une source proche du Hezbollah, a été visé dans la banlieue sud de Beyrouth. Le ministère libanais de la Santé a précisé que deux personnes ont été tuées et 15 autres blessées dans cette frappe.Le...
commentaires (1)

Beaucoup de bla bla bla un bon coup sur la tête de natanhell serait plus efficace et un Biden ne livrant plus d’armes ..encore plus

TAMIN FAROUCK

09 h 05, le 27 septembre 2024

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Commentaires (1)

  • Beaucoup de bla bla bla un bon coup sur la tête de natanhell serait plus efficace et un Biden ne livrant plus d’armes ..encore plus

    TAMIN FAROUCK

    09 h 05, le 27 septembre 2024

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