Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'exprime lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU au siège des Nations Unies à New York, le 25 septembre 2024. Photo Leonardo Munoz / AFP
La France et les Etats-Unis ont appelé « ensemble à un cessez-le-feu temporaire afin de donner à la diplomatie une chance de réussir », selon une déclaration conjointe émanant du palais de l’Élysée datée du 26 septembre 2024 et publié à l'issue d'une intense séquence diplomatique à l'ONU. « Il est temps de parvenir à un règlement à la frontière israélo-libanaise qui garantisse la sécurité et permette aux civils de rentrer dans leurs foyers, » indique le texte.
« Les échanges de tirs qui ont eu lieu depuis le 7 octobre (2023), et en particulier au cours des deux dernières semaines, menacent d'élargir le conflit et de porter atteinte aux civils. La déclaration que nous avons négociée est désormais approuvée par les États-Unis, l’Australie, le Canada, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni et le Qatar. Nous appelons à une large adhésion et au soutien immédiat des gouvernements israélien et libanais », poursuit le texte.
Les présidents français et américain se sont rencontrés à New York mercredi en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, pour conjuguer leurs efforts en vue d'atteindre un cessez-le-feu entre le Liban et Israël pour éviter un conflit élargi au Moyen Orient.
« Au-delà de l’escalade »
La France a pris l’initiative d’appeler à une réunion urgente du Conseil de sécurité de haut niveau sur « la situation au Moyen Orient » axée sur l’intensification rapide du conflit entre Israël et le Hezbollah. Cette réunion s’est tenue mercredi sous la présidence de la Slovénie qui assure la présidence tournante du Conseil en septembre, en présence du Premier ministre libanais sortant Nagib Mikati, du représentant d’Israël auprès de l’ONU, des ministres des Affaires étrangères d’Iran, d’Irak, de Syrie, d’Égypte, et du secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboulgheit, et du Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et de sécurité et vice-président de la Commission européenne, Josep Borrell Fontelles.
Il s’agit de la deuxième réunion du Conseil de sécurité sur la détérioration de la situation au Liban en moins d’une semaine. Elle fait suite à une réunion d’information urgente convoquée le 20 septembre par l’Algérie à la suite d’une vague d’attaques les 17 et 18 septembre où des milliers d’appareils de communication électronique du Hezbollah ont explosé à travers le Liban. Les attaques ont été largement attribuées à Israël, bien que ce dernier ne les ait pas revendiquées.
Lors des consultations à huis clos qui ont suivi la réunion publique, les membres du Conseil ont discuté de la possibilité de publier des communiqués de presse condamnant les explosions des appareils de communication des 17 et 18 septembre, appelant à une désescalade et à une cessation des hostilités et soulignant la nécessité de protéger les civils. Les membres du Conseil n’ont pu se mettre d’accord sur les textes en raison de l’opposition des États-Unis, principal allié d’Israël au Conseil de sécurité de l'ONU.
Solution diplomatique
« La guerre n’est pas inéluctable. Une solution possible diplomatique est possible. C’est un chemin exigeant. C’est un chemin possible, » a déclaré Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères dans son intervention au Conseil. Le chef de la diplomatie française a « tenu à demander au nom de la France une réunion d’urgence. La situation au Liban menace aujourd’hui d’atteindre un point de non-retour. Nous sommes en effet au-delà de l’escalade, » dit-il. « Le droit humanitaire n’est pas une option… Le Liban, déjà considérablement affaibli, ne se relèverait pas d’une telle guerre, » prévient-il.
« Il est donc urgent que tous les acteurs impliqués s’engagent résolument dans la voie d’une désescalade. Ils doivent mettre pleinement en ouvre la résolution 1701 du Conseil, » a poursuivi le chef de la diplomatie française. « L’objectif est clair : la fin des hostilités le long de la Ligne bleue. La France est attachée à la sécurité du Liban comme à celle d’Israël » a-t-il assuré. Dans son intervention, le représentant américain adjoint auprès de l’ONU, Robert Wood, a quant à lui évoqué la proposition diplomatique d’un cessez-le-feu au Liban, « avec d’autres pays sur une proposition qui, nous l’espérons, conduira au calme et permettra des discussions en vue d’une solution diplomatique ».
« L’enfer se déchaîne au Liban »
« L’enfer se déchaîne au Liban, » s'est inquiété le secrétaire général de l’ONU Antoniò Guterres, exhortant le Conseil de sécurité « à travailler de concert » pour mettre fin à l’escalade de la violence » et appelant les deux parties à respecter la souveraineté libanaise. « Éloignez-vous du bord du gouffre, » a-t-il mis en garde. « Une guerre totale doit être évitée à tout prix. Ce serait certainement une catastrophe totale (...) L’État doit avoir le contrôle total de ses armes dans tout le pays. Nous soutenons tous les efforts visant à renforcer les forces armées libanaises », a-t-il poursuivi.
« Les violations quotidiennes à travers la Ligne bleue constituent une violation des résolutions clés du Conseil 1559 (2004) et 1701 (2006) », a relevé le chef de l’ONU. « Les civils doivent être autorisés à rentrer chez eux en toute sécurité » a martelé M. Guterres, tout en saluant les efforts diplomatiques entrepris jusqu’à présent en vue d’une désescalade et en assurant le soutien continu de l’ONU à un cessez-le-feu et à une augmentation de l’aide humanitaire pour les civils libanais touchés.
Violation flagrante de la souveraineté libanaise
« Aujourd'hui, au Liban, nous sommes confrontés à une violation flagrante de la souveraineté de l'État libanais et des droits de l'homme à travers les pratiques brutales de l'ennemi israélien contre notre État et notre peuple,» a relevé le Premier ministre libanais sortant Nagib Mikati. « Je parle au nom du Liban, ma présence ici est destinée à sortir de cette session avec une solution sérieuse basée sur les efforts combinés de tous les membres du Conseil de sécurité pour faire pression sur Israël en faveur d’un cessez-le-feu immédiat sur tous les fronts et du retour de la sécurité et de la stabilité dans notre région, » a-t-il plaidé.
« C’est pourquoi nous affirmons l’engagement du gouvernement libanais envers la résolution 1701 (2006), que j’appelle aujourd’hui à travailler sérieusement et immédiatement pour assurer le retrait d’Israël de tous les territoires libanais occupés et mettre fin aux violations qui se répètent quotidiennement. Ne laissons pas passer cette opportunité. Nous devons agir maintenant car nous ne pouvons pas nous permettre de perdre une autre génération à cause de la guerre, » a-t-il lancé.
Retour au calme
De son côté, le représentant d’Israël auprès de l'ONU, Danny Danon, a mis l’accent sur les leçons de diplomatie apprises en 2006. « Comme nous l'avons appris en 2006, la diplomatie est plus efficace lorsque la communauté internationale s'unit autour d'un objectif commun et parle d'une seule voix. Nous travaillons avec d'autres pays sur une proposition qui, nous l'espérons, ramènera le calme et permettra de mener des discussions en vue d'une solution diplomatique. Nous encourageons le Conseil de sécurité à apporter son soutien à ces efforts diplomatiques dans les jours à venir », a-t-il estimé.
En face, le ministre iranien de affaires étrangères Abbas Araghchi a prévenu : « La région est au bord d'une catastrophe à grande échelle, si rien n'est fait pour la contrôler, le monde sera confronté à des conséquences catastrophiques (...) Israël, en tant qu'État voyou et agressif, a franchi toutes les lignes rouges. L'invasion du Liban par Israël est illégale et criminelle. Le Conseil de sécurité doit agir maintenant pour mettre un terme à la guerre d'Israël et imposer un cessez-le-feu immédiat. Sinon, la région risque un conflit à grande échelle, et l'histoire tiendra pour responsables les complices d'Israël, en particulier les Etats-Unis », a-t-il fustigé.
« L'Iran a déjà fait preuve d'une patience et d'une retenue considérables, au nom de la paix et de la stabilité régionales. L'Iran défend fermement son droit inhérent à défendre ses intérêts vitaux, et ne restera pas indifférent en cas de guerre à grande échelle au Liban. Nous soutiendrons le peuple libanais par tous les moyens. »





Ne serait ce les victimes civiles et nos compatriotes avec qui nous sommes totalement solidaires.Concernant les mercenaires qui nous ont imposé leur présence, leurs armes, leurs guerres etc.. Ceux là,franchement,qu'ils dégagent et nous laissent notre armée libanaise laique, unique et unie.Les larmes sont versées UNIQUEMENT pour les civils qui meurent à cause d'Israel et de ces mercenaires islamistes à la solde de l'iran ( L'IRAN ,qui négocie aux USA actuellement et qui a vendu le hezbollah et l'a laissé tombé du moins pour l'instant privilégiant les "éventuelles" bonnes relations avec les USA)
17 h 26, le 26 septembre 2024