Il est 3h12, vendredi matin et Jonathan Karten vient de rentrer chez lui, à Tel-Aviv. Avec ses amis, ils entendent un bruit d'avion de chasse, pensent-ils, qui fond sur la ville. Mais c'est un drone explosif qui s'abat sur un immeuble tout proche.
L'attaque, revendiquée par les rebelles yéménites houthis, fait un mort et plusieurs blessés, réveillant brutalement la bulle de Tel-Aviv, rarement atteinte par les roquettes ou les obus grâce à un système de défense aérienne qui préserve la ville de la guerre menée depuis neuf mois par Israël au Hamas, dans la bande de Gaza.
Ce vendredi, avant l'aube, celui-ci n'a pas fonctionné. Une "erreur humaine", pense l'armée israélienne.
A Tel-Aviv, le souffle de l'explosion a fait éclater les fenêtres dans la rue Shalom Aleichem, où le drone a fini sa course dans un appartement, à une centaine de mètres du consulat des Etats-Unis.
Juste avant l'impact, Jonathan Karten, un Américain de 27 ans qui travaille dans la finance, s'est penché à la fenêtre, intrigué par le bruit d'un "F-35 ou d'un F-15". "Mais ça volait à peine à 40 mètres au-dessus de la mer" Méditerranée, "ça n'avait pas de sens", se dit-il.
Dès l'explosion, le jeune homme et ses amis se sont jetés au sol, avant de se rendre dans l'abri prévu dans l'immeuble et qui sert régulièrement depuis le déclenchement de la guerre, le 7 octobre, par l'attaque sanglante du Hamas sur le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza, à quelques dizaines de kilomètres plus au sud sur la côte.
- "Tout a été soufflé" -
"C'est important de voir qu'on est dans un quartier résidentiel. Ce n'est pas une cible militaire", plaide Jonathan Karten.
Depuis le 7 octobre, des centaines de roquettes ont été tirées sur Tel-Aviv. Presque toutes ont été interceptées.
L'explosion vendredi a d'autant plus surpris Kenneth Davis, qui séjourne dans l'hôtel en face de l'immeuble touché, qu'aucune sirène d'alarme n'a retenti, là encore une anomalie. "Je dormais profondément mais ça m'a réveillé, parce que j'ai l'habitude des bruits de roquettes, mais ce bruit je ne le connaissais pas. La vibration était celle d'un (Boeing) 747 qui arrivait", dit-il.
"Puis l'explosion... Tout a été soufflé dans la chambre, les fenêtres, ce qui pendait au plafond... Ca m'est tombé dessus. Rien de lourd, mais plein de morceaux", raconte-t-il.
Selon l'armée israélienne, c'est un "très grand drone", capable de "parcourir de très grandes distances", qui a été utilisé par les alliés du Hamas, les Houthis, qui après des mois d'attaques contre des navires marchands au large du Yémen, ont menacé de faire de Tel-Aviv une "cible principale".
Pour Jonathan Karten, le jeune américain, les dégâts matériels n'ont pas d'importance. "Evidemment, tout ça peut être remplacé", souligne-t-il, dans sa rue qui porte encore les stigmates de l'attaque. "Le plus important, c'est qu'on soit toujours en vie."
bur-sa-tw/sha/mj/ila
© Agence France-Presse
L'attaque, revendiquée par les rebelles yéménites houthis, fait un mort et plusieurs blessés, réveillant brutalement la bulle de Tel-Aviv, rarement atteinte par les roquettes ou les obus grâce à un système de défense aérienne qui préserve la ville de la guerre menée depuis neuf mois par Israël au Hamas, dans la bande de Gaza.
Ce vendredi, avant l'aube, celui-ci n'a pas fonctionné. Une "erreur humaine", pense l'armée israélienne.
A Tel-Aviv, le souffle de l'explosion a fait éclater les...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine