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Dernières Infos - États-Unis

Biden face jeudi à un test redoutable pour sa candidature

Le président américain Joe Biden dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 10 juillet 2024. Photo AFP / SAUL LOEB

Joe Biden, qui joue désormais sa survie politique à chaque apparition publique, fera face jeudi à un test redoutable pour sa candidature à la présidentielle en donnant une conférence de presse, un exercice dont il n'est guère friand. Et ce sera "une conférence de presse de grand garçon", promet la Maison Blanche, sans plus de détails sur la durée ou le déroulement.

Cette expression curieuse vise sans doute à distinguer ce rendez-vous des courtes séances de questions-réponses bien balisées auxquelles le président américain se prête d'ordinaire, lors desquelles un petit nombre de journalistes désignés à l'avance posent des questions. A 17H30 locales (21H30 GMT), au centre de conférences qui accueille cette semaine un sommet de l'Otan à Washington, Joe Biden devra avoir de la répartie, s'exprimer clairement, d'une voix assurée, sans notes et sans prompteur.

Ce dont il a été incapable le 27 juin dernier pendant un débat face à son prédécesseur républicain Donald Trump, qu'il reste déterminé à affronter lors de l'élection présidentielle de novembre. Le démocrate, ancien bègue, n'a jamais été un orateur flamboyant, en particulier lorsqu’il improvise. Ses prises de parole, au fil du temps, sont de plus en plus laborieuses.

Mitterrand et Kohl

Il est parfois difficile de le comprendre à cause de sa tendance à avaler des mots ou à s'exprimer d'une voix étouffée. 

Ses ratés sont parfois spectaculaires : en février, il avait ainsi parlé coup sur coup de l'ancien président français François Mitterrand, décédé en 1996, au lieu d'Emmanuel Macron, et évoqué feu Helmut Kohl à la place de l'ancienne chancelière allemande Angela Merkel. Des erreurs de ce genre jeudi pourraient être fatales au démocrate de 81 ans, qui jusqu'ici résiste aux appels au retrait venant de son parti ou de célébrités telles que l'acteur George Clooney.

Un sondage Ipsos diffusé jeudi par le Washington Post et ABC ne montre pas de dégringolade dans les intentions de vote au niveau national depuis le débat : Joe Biden et Donald Trump font jeu égal à 46% chacun. Mais 67% des personnes interrogées estiment qu'il devrait retirer sa candidature. Parmi les seuls électeurs démocrates, c'est aussi l'opinion majoritaire, mais dans de moindres proportions, à 56%.

Les interrogations sur l'endurance et l'énergie du dirigeant démocrate étouffent depuis deux semaines toutes les tentatives de son équipe de campagne pour rediriger l'attention sur Donald Trump, présenté comme un danger pour la démocratie. Jeudi, elle a par exemple publié, en lien avec le sommet de l'Otan, une vidéo qualifiant le milliardaire de 78 ans de "caniche" du président russe Vladimir Poutine.

Plus de huit élus démocrates à la Chambre des représentants et un sénateur ont désormais appelé ouvertement leur candidat à abandonner. Un nombre bien plus important de parlementaires expriment des doutes profonds sur les capacités de Joe Biden à gagner l'élection. "Il semble de plus en plus probable que c'est certainement une montagne trop haute à gravir", a par exemple dit jeudi un élu de l'Ohio, Greg Landsman, sur CNN.

"Trop haute"

De grands noms du parti - comme l'ancienne présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi - appellent avec insistance le président américain à "prendre une décision". Sous-entendant que celle qu'il a déjà prise, rester en course, n'est forcément pas la bonne. Les sénateurs démocrates ont de leur côté prévu de déjeuner jeudi avec trois très proches conseillers de Joe Biden.

Depuis qu'il est président, le démocrate a donné 36 conférences de presse, selon la chercheuse Martha Joynt Kumar, citée par Axios. Parmi ses six prédécesseurs, seul le républicain Ronald Reagan avait fait moins. Donald Trump, tout en attaquant violemment les médias, ne pouvait résister à un micro tendu ou à une caméra quand il était président, restant souvent plus d'une heure avec les journalistes.

Rien de comparable chez son successeur à la Maison Blanche, qui a le plus souvent donné ses conférences de presse lors de voyages internationaux ou pendant des visites de dirigeants étrangers. Pour le reste, Joe Biden se contente de répondre occasionnellement et très brièvement à une ou deux questions lancées à la volée par les journalistes qui le suivent.


Joe Biden, qui joue désormais sa survie politique à chaque apparition publique, fera face jeudi à un test redoutable pour sa candidature à la présidentielle en donnant une conférence de presse, un exercice dont il n'est guère friand. Et ce sera "une conférence de presse de grand garçon", promet la Maison Blanche, sans plus de détails sur la durée ou le déroulement.

Cette expression curieuse vise sans doute à distinguer ce rendez-vous des courtes séances de questions-réponses bien balisées auxquelles le président américain se prête d'ordinaire, lors desquelles un petit nombre de journalistes désignés à l'avance posent des questions. A 17H30 locales (21H30 GMT), au centre de conférences qui accueille cette semaine un sommet de l'Otan à Washington, Joe Biden devra avoir de...