Le chef du gouvernement sortant, Nagib Mikati (au centre), présidant une réunion de son équipe ministérielle au Grand Sérail, le 5 décembre 2022. Photo d'archives Dalati & Nohra
Le Conseil des ministres a commencé mardi après-midi avec un ordre du jour de 30 points, et pourrait examiner une question qui n'y figure pas : le sort réservé aux lauréats du concours d’entrée à l’École militaire, en vue de recruter de nouveaux officiers pour l’armée et les appareils sécuritaires.
Cette question oppose depuis plusieurs mois le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, au ministre sortant de la Défense, Maurice Slim, proche du Courant patriotique libre, CPL aouniste. Le CPL refuse de contresigner la sélection de 118 lauréats sur quelque 800 candidats au concours, qui avait été annoncée en novembre dernier par le Conseil militaire présidé par le général Aoun. M. Slim considère que les résultats n’ont pas respecté « les critères (pour le choix) d’un officier de l’armée, que ce soit pour ce qui est du niveau d’éducation ou des compétences et capacités personnelles ».
Le ministre de la Défense demande qu’une nouvelle session soit ouverte pour admettre 55 nouvelles recrues en plus des 118 candidats déjà admis, le gouvernement ayant permis, en septembre 2023, au commandement en chef de l’armée de sélectionner 173 candidats. Une source informée affirme à L'Orient-Le Jour que pour expliquer son point de vue à ses collègues, M. Slim devrait se présenter au Sérail peu avant la tenue de la séance, à laquelle il ne compte pas assister.
Il ne s’agit pas de la seule pomme de discorde autour de laquelle s’écharpent le général Aoun et M. Slim. Les autres sont notamment liées à la nomination du chef d’état-major, Hassan Aoudé, que M. Slim refuse de contresigner, ainsi qu’à la composition de la Cour de cassation militaire. Concernant ce dernier point, les deux responsables divergent sur la nécessité ou non d’être détenteur d’une licence en droit pour accéder à un poste au sein de cette instance.
Don du Qatar, indemnités aux anciens militaires
Parmi les trente points à l’ordre du jour, figurent notamment la discussion sur l'acceptation d’un don financier du Qatar à l’armée libanaise, ainsi que sur les indemnités des militaires retraités.
Des demandes de différents ministres liées à leurs portefeuilles devraient également être examinées. Le ministre sortant de l’Information, Ziad Makari, réclamerait ainsi que les journalistes tués dans la guerre entre le Hezbollah et Israël soient comptés parmi les « martyrs » dont les proches seront indemnisés par le Conseil du Sud. Le ministre sortant de l’intérieur, Bassam Maoulaoui, demanderait, lui, des crédits pour certains projets « à caractère secret » que la direction de la Sûreté générale cherche à réaliser.
L’accord du gouvernement sur l’évaluation et la répartition d’allocations familiales par le ministre du Travail, Moustapha Bayram, devrait également être sollicité. Le Conseil des ministres devrait aussi se pencher sur les frais de travaux de maintenance du scanner utilisé par la direction des Douanes au port de Beyrouth (relevant du ministère des Transports), ainsi que sur les travaux de réparation du bâtiment du ministère de l’Éducation.
Le Conseil des ministres devrait débattre, par ailleurs, des démissions des présidents du conseil d’administration de deux hôpitaux gouvernementaux (Bint Jbeil et Ehden). Le cas échéant, il devrait charger le ministre de la Santé, Firas Abiad, de prendre des mesures pour « assurer la continuité du service public », selon le document publié par le secrétariat général du Conseil des ministres.

