Des fumées s'échappent d'une explosion dans le camp de réfugiés de Tulkarem, le 17 janvier 2024. Photo MARCO LONGARI / AFP
Le chef de l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a alerté mercredi sur le futur de la bande de Gaza, ravagée par plus de 100 jours de guerre entre le Hamas et Israël.
De nombreux habitants de ce territoire palestinien ne sont plus en mesure d'envisager « l'avenir dans la bande de Gaza », a mis en garde Philippe Lazzarini, à la tête de l'Unrwa depuis 2020, à un groupe de journalistes à Jérusalem.
« Des centaines de milliers de personnes vivent maintenant dans la rue, dans des tentes de fortune faites de morceaux de plastique, ou dorment à même le béton », a-t-il décrit au retour de sa quatrième visite sur place depuis le début de la guerre.
L'ONU estime que 1,9 million de personnes ont dû quitter leur foyer sur les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza.
Si 60% du bâti de l'ensemble du territoire est détruit ou endommagé, d'après M. Lazzarini, le nord de la bande de Gaza est particulièrement touché.
Les journalistes de l'AFP ont pu constater que des dizaines d'immeubles d'habitations s'y étaient effondrés à la suite des bombardements.
« Pour nous, le nord est un concentré de catastrophe humanitaire », a résumé le patron de l'Unrwa, évoquant « un champ de munitions non explosées et de décombres, où aucun service ne fonctionne ».
Israël a juré « d'anéantir » le Hamas après une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien ayant entraîné la mort d'environ 1.140 personnes du côté israélien, en majorité des civils tués le jour de l'attaque le 7 octobre, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.
Depuis cette date et le début des bombardements et des opérations militaires israéliennes, au moins 24.448 Palestiniens, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, ont été tués dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Alors que des responsables israéliens prévoient une guerre longue, un demi-million d'enfants entre 6 et 14 ans n'ont aucun accès à l'éducation. « Ma crainte, c'est que nous ayons désormais une génération d'enfants perdus », a déploré le chef de l'Unrwa.
« Nous devrions nous en soucier si nous parlons d'un futur de paix, de sécurité, et de cohabitation. Plus nous attendons, plus nous prenons des risques pour l'avenir ».
« Lorsqu'on évoque la reconstruction de Gaza, ce n'est plus comme ce qu'on a pu voir auparavant », a-t-il dit en référence aux guerres précédentes qui s'étaient comptées en jours ou en semaines.
« Je ne vois aucun pays accepter d'investir de manière significative en l'absence d'un projet politique et d'une feuille de route solide », a ajouté M. Lazzarini.

