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Dernières Infos - Russie

L'opposant nationaliste Guirkine jugé pour "extrémisme"

Igor Guirkine devant le tribunal de Moscou en juillet 2023. Photo d'archives AFP

Le procès d'Igor Guirkine, ardent nationaliste devenu critique frontal du Kremlin et de sa stratégie militaire en Ukraine, s'est ouvert jeudi à huis clos pour une affaire d' »extrémisme » dans laquelle il encourt cinq ans de prison.

Cet ancien commandant des séparatistes prorusses de l'Est de l'Ukraine, plus connu sous le pseudonyme de « Strelkov » et reconverti en blogueur nationaliste à succès, soutenait l'offensive contre Kiev mais dénonçait sur sa chaîne Telegram l'incompétence des autorités et de l'état-major russes.

Dans l'un de ses derniers messages avant son arrestation en juillet, il s'en était même pris au président Vladimir Poutine, l'accusant, sans le nommer, d'être un « minable » et un « lâche ».

Igor Guirkine doit désormais répondre d' »appels publics à des activités extrémistes » et risque jusqu'à cinq ans de prison.

Dans un communiqué envoyé à l'AFP, l'un de ses avocats, Alexandre Molokhov a indiqué qu'Igor Guirkine avait plaidé non-coupable lors de l'audience

Selon lui, son client « ne s'est jamais prononcé contre la politique de la Russie concernant la soi-disante Ukraine après le début de l'opération militaire spéciale », et voulait seulement défendre les droits des mobilisés dans l'armée.

Lors de l'audience, toujours selon son avocat, il a aussi appelé à l'instauration en Russie de la loi martiale pour « remporter la victoire » et éviter un gel du conflit dans « cette lutte existentielle du bien contre le mal, et de notre pays contre le monde occidental ».

Une nouvelle audience a été fixée au 20 décembre. L'accusé est lui en détention provisoire au moins jusqu'au 24 mai 2024.

Son arrestation en juillet, intervenue peu après la rébellion avortée du défunt chef du groupe Wagner, Evguéni Prigojine, a signifié que les milieux nationalistes russes favorables à l'assaut contre l'Ukraine n'étaient pas à l'abri de la répression s'ils critiquaient la hiérarchie politique et militaire.

L'homme âgé de 52 ans était une voix influente, un temps suivi par plus de 875.000 abonnés sur son compte Telegram où il commentait le conflit.

Un terrain qu'il connaît bien, pour y avoir dirigé pendant quelques mois en 2014 les combattants séparatistes prorusses de Donetsk, fait d'armes qui l'avait rendu célèbre.

Et qui lui a aussi valu une condamnation à perpétuité par contumace aux Pays-Bas, pour son rôle dans la destruction en vol de l'avion MH17 de la Malaysia Airlines, qui avait fait 298 morts.

Après quelques années de relatif anonymat, l'offensive en Ukraine de février 2022 l'avait ramené sous les projecteurs, cette fois en tant que star des réseaux sociaux.

L'ex-commandant, qui a aussi servi dans les services de sécurité russes (FSB), a annoncé en août son intention de se présenter à la prochaine présidentielle, en mars 2024, face à Vladimir Poutine, projet difficilement réalisable au vu de ses démêlés judiciaires.

« Je me considère plus compétent dans les affaires militaires que le président sortant », avait-il alors avancé dans un communiqué.

Le procès d'Igor Guirkine, ardent nationaliste devenu critique frontal du Kremlin et de sa stratégie militaire en Ukraine, s'est ouvert jeudi à huis clos pour une affaire d' »extrémisme » dans laquelle il encourt cinq ans de prison.Cet ancien commandant des séparatistes prorusses de l'Est de l'Ukraine, plus connu sous le pseudonyme de « Strelkov » et reconverti en blogueur nationaliste à succès, soutenait l'offensive contre Kiev mais dénonçait sur sa chaîne Telegram l'incompétence des autorités et de l'état-major russes.Dans l'un de ses derniers messages avant son arrestation en juillet, il s'en était même pris au président Vladimir Poutine, l'accusant, sans le nommer, d'être un « minable » et un « lâche ».Igor Guirkine doit désormais répondre d' »appels publics à des activités...