Une illustration de la pratique des pots-de-vin. Photo Bigstock
La Cour criminelle de Beyrouth présidée par le juge Samir Akiki a émis un jugement condamnant à six mois de prison et à un milliard de livres libanaises d'amende trois fonctionnaires des douanes au port de Beyrouth, Saïd Barrage, Wahib Bou Chahine, et Ali Abou Khachfé, pour avoir encaissé des pots-de-vin dans le cadre de leurs fonctions.
La décision judiciaire, prise récemment, se base sur l’article 364 du Code pénal, selon lequel « tout fonctionnaire qui aura pris un intérêt privé dans une opération de l’administration à laquelle il est attaché sera puni de trois mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende ». Elle est susceptible d'un recours.
Les délits condamnés, qui remonteraient à 2014, avaient été pointés du doigt lors d’une émission télévisée diffusée en avril 2015 sur la chaîne Al-Jadeed, affirme une source judiciaire, jointe par L’Orient-Le Jour. Cette dénonciation, qui avait été documentée par des vidéos, avait alors constitué une note d’information présentée au parquet de cassation.
À la question de savoir pourquoi le jugement n’a été rendu que tout récemment, soit neuf ans après les faits, la source judiciaire indique que l’affaire a suivi un processus normal, passant par le juge d’instruction et par la Chambre d’accusation de Beyrouth, avant d’être déférée à la Cour criminelle. Sans compter que la marche de la justice avait été quelque peu ralentie par la pandémie du Covid-19, ajoute la même source.
Deux autres fonctionnaires qui avaient été accusés dans la note d’information n’ont pas été sanctionnés, faute de preuves.

