Le chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) Philippe Lazzarini s'exprimant devant le Conseil de sécurité, le 30 octobre 2023. Michael M. Santiago/Getty Images/AFP
Le système actuel d'aide à la bande de Gaza via le poste frontière de Rafah est « voué à l'échec », a mis en garde lundi le chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), dénonçant la « punition collective » imposée par Israël.
« Soyons clairs: la poignée de convois autorisés via Rafah n'est rien comparé aux besoins de plus de 2 millions de personnes piégées à Gaza », a lancé Philippe Lazzarini, appelant les membres du Conseil de sécurité à l'aide et réclamant un « cessez-le-feu humanitaire immédiat ».
« Le système en place pour permettre l'entrée de l'aide à Gaza est voué à l'échec à moins qu'il y a une volonté politique pour que le flot d'aide soit significatif, en rapport avec les besoins humanitaires sans précédent », a-t-il ajouté.
Selon le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric, 33 camions apportant eau, nourriture et matériel médical sont entrés dimanche dans la bande de gaza via Rafah, le volume d'aide « le plus important depuis le 21 octobre », jour de l'ouverture de ce point de passage avec l'Egypte après le siège imposé à l'enclave palestinienne en réponse à l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre.
Avant le 7 octobre, environ 500 camions entraient dans la bande de Gaza chaque jour.
Philippe Lazzarini a répété que ces attaques « horribles » du Hamas étaient « choquantes ». Il a utilisé le même mot pour décrire les « bombardements incessants des forces israéliennes sur la bande de Gaza ».
« Le siège actuel imposé à Gaza est une punition collective », a-t-il ajouté, notant que ses milliers de collègues de l'UNRWA, dont 64 ont été tués, « sont une lueur d'espoir (...) au moment où l'humanité plonge dans son heure la plus sombre ».
« Les habitants de Gaza ont le sentiment de ne pas être traités comme d'autres civils. La plupart d'entre eux se sentent piégés dans une guerre avec laquelle ils n'ont rien à voir ! », a-t-il insisté. « Une population entière est déshumanisée », a-t-il dénoncé, soulignant notamment le sort de milliers d'enfants tués.

