Le cheikh Nabil Kaouk, membre du conseil exécutif du Hezbollah, prononçant un discours au Liban-Sud, le 17 avril 2023. Photo d'archives Mountasser Abdallah
Le cheikh Nabil Kaouk, membre du conseil exécutif du Hezbollah, a déclaré dimanche que la "seule lueur d'espoir" dans l'impasse politique actuelle au Liban est le dialogue en cours sur l'élection présidentielle entre son parti et le Courant patriotique libre (CPL, aouniste).
Dans un discours prononcé lors d'une cérémonie au Liban-Sud, M. Kaouk a soutenu que face à la "paralysie, aux tensions et à l'impasse politique, la seule lueur d'espoir dans le pays est le dialogue autour de l'élection présidentielle entre le Hezbollah et le CPL". Selon lui, le dialogue "est continu, se poursuit de manière positive et n'attend pas d'intervention étrangère".
Les relations entre le parti chiite pro-iranien et la formation fondée par l'ancien président Michel Aoun étaient tendues au cours des derniers mois, notamment dans la campagne présidentielle, alors que le pays est sans chef de l'Etat depuis que M. Aoun a quitté ses fonctions le 31 octobre 2022. Dirigé par Gebran Bassil, le CPL a soutenu la candidature de l'ancien ministre des Finances et actuel responsable du Fonds monétaire international (FMI) Jihad Azour, face au candidat du Hezbollah, Sleiman Frangié.
Le cheikh Kaouk a ensuite accusé ses rivaux politiques de compter sur des sanctions étrangères contre le Hezbollah et ses alliés, alors que des informations font état de sanctions potentielles contre le président du Parlement, Nabih Berry. "Ils ont commencé à parier sur des sanctions étrangères, et font pression pour que ces sanctions soient prises contre leurs partenaires dans le pays, ce qui est un péché au niveau de leur pari et de leur appartenance nationale", a-t-il fustigé.
Selon le religieux chiite, "le Liban ne peut pas supporter un président qui arrive avec l'arme des sanctions". "L'intérêt du pays réside dans un chef de l'Etat prenant en compte les pactes qui sauvent le Liban, et qui ne serait pas une plateforme pour des calculs politiques mettant en péril l'unité nationale", a-t-il ajouté.
Jeudi dernier, à la veille de la troisième commémoration de l'explosion meurtrière du port de Beyrouth le 4 août 2020, plusieurs membres républicains du Congrès américain ont demandé à l'administration du président démocrate Joe Biden d'adopter une politique plus dure à l'égard de la classe politique libanaise - y compris à prendre des sanctions - notamment contre M. Berry.


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