Des dizaines de personnes ont manifesté vendredi devant la Banque du Liban, à Hamra. Photo Twitter @sarkhitmoudiin
Quelques dizaines de manifestants du collectif "Le cri des déposants" ont organisé un sit-in vendredi matin devant le siège de la Banque du Liban (BDL), dans le quartier de Hamra, à Beyrouth, pour "dénoncer les circulaires injustes de la BDL à l'encontre des déposants", selon le compte Twitter du collectif. Les protestataires ont brièvement bloqué la route au niveau de la banque centrale.
Dans un texte publié en ligne, le collectif explique qu'il proteste surtout contre le parité officielle du dollar et de la livre libanaise, désormais calculée depuis février à 15.000 livres pour un billet vert, ainsi que la circulaire 165, publiée le 19 avril, et qui semble consacrer la distinction entre les anciens et les nouveaux fonds en dollars et livres libanaises, c'est-à-dire respectivement ceux soumis aux restrictions bancaires appliquées de fait depuis le début de la crise qui a éclaté en 2019 et ceux restés libres d’emploi.
"Non aux violations des droits des déposants", "Le dollar des déposants est à 15.000 LL tandis que le dollar des politiques lui est versé en cash", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants.
Jeudi dernier, des protestataires en colère avaient saccagé quatre banques dans le quartier de Sin el-Fil (banlieue-est de Beyrouth), à l'appel du collectif "Le cri des déposants". Plusieurs banques avaient été incendiées et saccagées en février dernier, lors d'une opération coup de poing de ce même collectif dans le quartier cossu de Badaro à Beyrouth, qui abrite plusieurs établissements bancaires. Des banques avaient également été vandalisées par des manifestants en colère à Tripoli, dans le Liban-Nord, le même jour.
Les banques imposent des restrictions illégales aux clients depuis le début de la crise économique au Liban en 2019, limitant les retraits et les transferts. Ces derniers mois, le pays a connu une vague de braquages de banques au cours desquels des déposants, parfois armés, ont fait irruption dans des agences pour réclamer leurs propres fonds.

