Le président français Emmanuel Macron recevant le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane à l'Élysée, le 16 juin 2023. Photo REUTERS/Stephanie Lecocq
Le président français Emmanuel Macron a indiqué vendredi au prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane qu'il avait signifié à l'Iran la nécessité de voir le Hezbollah "assouplir sa position" sur la présidentielle libanaise, rapporte le correspondant de L’Orient-Le Jour Élie Masboungi, président de l’Association de la presse étrangère (APE) en France. Le parti chiite pro-iranien soutient mordicus le chef des Marada Sleiman Frangié pour ce scrutin, qui piétine depuis des mois dans un pays en pleine crise économique et sans président depuis octobre 2022.
Citant une source diplomatique à l'Élysée, M. Masboungi indique que les deux hommes ont parlé du Liban et sont d'accord sur le fait que "la détente irano-saoudienne devrait lui être profitable", alors que Riyad et Téhéran ont rétabli leurs relations diplomatiques il y a quelques mois. M. Macron a assuré à "MBS" qu'il avait parlé à l'Iran de la nécessité pour le Hezbollah d'"assouplir sa position pour permettre l'arrivée d'un nouveau président", poursuit cette même source. Un communiqué de l'agence nationale d'information saoudienne publié vendredi après-midi ne mentionne pas le Liban.
Lors de la 12ème séance électorale mercredi 14 juin, M. Frangié a obtenu 51 voix. L'ex-ministre Jihad Azour, qui est appuyé par la majorité des opposants, en a obtenu 59. Par ailleurs, 6 députés ont accordé leurs voix à l'ancien ministre Ziyad Baroud (7 selon le président du Parlement Nabih Berry), 8 élus ont voté pour le "Le Liban nouveau", tandis qu'une voix a été accordée au commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun, et une autre à l'entrepreneur Jihad el-Arab. Un vote blanc a également été comptabilisé. Nabih Berry n'a pas fixé de date pour la prochaine séance électorale.
Plus tôt dans la journée, la présidence française avait évoqué "un déjeuner en tête à tête" entre Emmanuel Macron et Mohammad ben Salmane, avec pour objectif de "donner des perspectives bilatérales et étudier les grands dossiers du moment, qu'ils soient régionaux ou qu'il s'agisse de l'Ukraine". Jean-Yves Le Drian, le nouvel envoyé spécial de M. Macron pour le Liban, n'était pas présent.


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