Le patriarche maronite Béchara Raï. Photo Ani
Le patriarche maronite, Béchara Raï, a affirmé lundi que tout dialogue national au Liban nécessite des "consciences claires", alors que le pays est dans une vacance politique totale au niveau du pouvoir exécutif, sans président depuis le 1er novembre et avec un gouvernement sortant seulement chargé d'expédier les affaires courantes.
La semaine dernière, le président du Parlement, Nabih Berry, avait annulé son initiative de dialogue national et affirmé que certains partis, comme les Forces libanaises et le Courant patriotique libre, refusaient d'y participer. Cette initiative vise à trouver une entente autour du prochain président, comme cela est de coutume au Liban.
À la suite d'une réunion du conseil des évêques catholiques, Mgr Raï a déclaré que "le fait d'avoir des consciences claires est une condition pour entamer un dialogue honnête, et ceux qui font la guerre ne peuvent pas faire la paix".
"Ceux qui ont provoqué la guerre sont toujours au pouvoir et n'ont pas réussi à nettoyer leur passé (...) et on les voit échanger des paroles blessantes", a regretté le chef de l'Église maronite. Nombre des principaux dirigeants politiques du Liban figurent parmi les principaux seigneurs de la guerre civile qui a débuté en 1975 et s'est terminée en 1990.
"Après six ans de mandat de Michel Aoun, ils n'ont pas voulu élire un nouveau président. Leur exploit a été de mettre le drapeau en berne et de fermer le palais présidentiel, remettant [le pouvoir] à un gouvernement démissionnaire alors que le Liban se trouve dans la pire des situations", a fustigé Mgr Raï, sans nommer la cible de ses critiques.
"Le Liban traverse la phase la plus dangereuse de son histoire politique et économique. Nous souhaitons qu'ils écoutent l'appel lancé hier par le pape", a ajouté le patriarche. Dimanche, le pape François avait appelé les politiciens libanais à "laisser de côté" leurs "intérêts personnels".
Le 1er novembre, au lendemain de la fin du mandat Aoun, le Liban est entré pour la première fois de son histoire dans une double vacance de l'Exécutif, au niveau de la présidence et du gouvernement. Jeudi, le Parlement a décidé que le cabinet sortant peut continuer à expédier les affaires courantes comme c'est le cas depuis mai dernier, mais qu'il ne peut assumer les prérogatives du chef de l'Etat : celles-ci ne peuvent normalement être assumées que par "un cabinet qui se réunit", c'est-à-dire un nouveau gouvernement.


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