Le prince héritier saoudien Mohammad Ben Salmane (d) serre la main du président français Emmanuel Macron à l'Élysée, à Paris, le 28 juillet 2022. Photo Bandar AL-JALOUD / SAUDI ROYAL PALACE / AFP
Le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane a "remercié" vendredi le président français Emmanuel Macron pour son "accueil chaleureux" la veille, alors que cette visite a suscité les protestations scandalisées des défenseurs des droits humains.
M. Macron avait accueilli jeudi soir d'une longue poignée de main le dirigeant de facto du royaume, invité pour un dîner de travail au palais de l'Élysée. Il s'agissait de la première visite en France de Mohammad ben Salmane, dit "MBS", depuis l'assassinat par des agents saoudiens du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.
Dans un message adressé à M. Macron, le prince héritier exprime au président français sa "profonde gratitude" et ses "remerciements pour l'accueil chaleureux et l'hospitalité" qui lui ont été réservés lors de cette visite officielle. Il ajoute que les échanges avec le président français "ont confirmé notre volonté commune de renforcer le partenariat stratégique entre nos deux pays amis dans tous les domaines", de "poursuivre la coordination et la concertation sur les questions d'intérêt commun" et de "renforcer la sécurité et la stabilité dans la région". Le message précise que le prince héritier a quitté la France "après avoir conclu sa visite officielle".
Critique du pouvoir saoudien, Jamal Khashoggi a été tué et démembré le 2 octobre 2018 dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul alors qu'il venait chercher des papiers nécessaires à son mariage. Jeudi, une plainte pour complicité de torture et de disparition forcée en lien avec son assassinat a été déposée à Paris contre le prince héritier, ont annoncé les ONG Democracy for the Arab World Now (DAWN), fondée par le journaliste saoudien, et l'ONG suisse Trial International.
Hatice Cengiz, la fiancée de Jamal Khashoggi, s'est déclarée jeudi "scandalisée et outrée qu'Emmanuel Macron reçoive avec tous les honneurs le bourreau de mon fiancé". Les services de renseignement américains avaient pointé la responsabilité du prince héritier, qui dément avoir ordonné l'assassinat même s'il dit en porter la responsabilité en tant que dirigeant. Salué pour ses réformes, "MBS" est toutefois critiqué à cause de la répression menée contre les dissidents dans les milieux religieux, politiques, intellectuels, économiques et même au sein de la famille royale.


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