Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Crash De La Yemenia En 2009

Amende maximale requise contre la compagnie


Un soldat comorien regardant des débris récupérés dans l'océan Indien dans un hangar d'aéroport désaffecté à Moroni le 16 septembre 2009, après le crash d'un Airbus A310 de Yemenia Airlines le 30 juin 2009. Photo d'archives Ibrahim YOUSSOUF / AFP

La compagnie a "attendu que l'accident se produise" : l'accusation a requis jeudi à Paris l'amende maximale, soit 232.500 euros, contre Yemenia Airways, jugée pour homicides et blessures involontaires après le crash d'un avion en 2009 au large des Comores qui avait fait 152 morts.

Près de treize ans après cette catastrophe qui n'a laissé qu'une unique rescapée, le tribunal a mis son jugement en délibéré au 14 septembre, au dernier jour de ce procès qui a débuté le 9 mai. À la suite d'une série d'erreurs de pilotage lors de l'approche sur l'aéroport de Moroni, la capitale des Comores, le vol Yemenia 626 s'était abîmé dans l'océan Indien dans la nuit du 29 au 30 juin 2009. 142 passagers, dont 66 Français, et 11 membres d'équipage périrent. Seule une adolescente de 12 ans, Bahia Bakari, survécut.

La compagnie nationale yéménite "rejette de façon tout à fait commode toute la faute sur les pilotes" mais elle a "participé aux erreurs" qui ont conduit à la catastrophe, a soutenu la procureure Marie Jonca. "Vous avez dans ce cockpit deux pilotes qui ne présentent pas un niveau professionnel équivalent", le copilote ayant des "lacunes opérationnelles réelles", a estimé la représentante du ministère public.

Ils "ne savent pas travailler ensemble" et "n'ont jamais été formés spécifiquement à l'approche de ce terrain si difficile et particulier de l'aéroport de Moroni", a-t-elle poursuivi. En outre, "vous avez deux pilotes qui vont poursuivre une approche dans des conditions délicates, de nuit, de façon règlementairement interdite (et) dans des circonstances dangereuses", à cause de la panne depuis plusieurs mois de certains feux de l'aéroport.

"Malgré ces circonstances qu'elle connaissait", la compagnie n'a pas décidé, "comme elle a pu le faire immédiatement après l'accident, d'interdire tout simplement les vols de nuit durant cette période", a souligné Marie Jonca. Les amendes maximales prévues par la loi - 225.000 euros et 7.500 euros soit 232.500 euros - "ne se(ront) jamais à la hauteur des douleurs et des préjudices subis par les victimes", mais "je ne vois pas comment je ne pourrais pas (les) requérir", a-t-elle conclu, disant "espérer une réparation au moins symbolique".

"Bouc-émissaire"

Sur les bancs de la salle d'audience, une centaine de proches des défunts étaient présents, ainsi que la survivante Bahia Bakari, 25 ans aujourd'hui, qui est restée une nuit entière dans l'eau agrippée à un débris d'avion. En entamant sa plaidoirie pour la défense, Me Léon-Lef Forster s'est adressé à eux.

"J'ai bien perçu combien leur douleur était intense. Mais il n'en reste pas moins que, pour participer à l'oeuvre de justice, il nous faut proposer des éléments de discussion qui nous paraissent essentiels", a-t-il dit d'une voix basse. "Ne faisons pas de la Yemenia la brebis galeuse", a-t-il déclaré, soulevant que, depuis sa création en 1961, elle n'avait "connu qu'un seul accident mortel", contre 26 pour KLM ou 35 pour American Airlines.

Interrogeant longuement la responsabilité de l'autorité gérant l'aéroport de Moroni, il a aussi estimé que la compagnie faisait "office de bouc-émissaire", appelant le tribunal à la relaxer faute d'éléments suffisants. Ses confrères Michael Bellée et Grégory Laville de la Plaigne ont attaqué point par point les conclusions des experts pendant l'instruction, dénonçant un "biais" et une "farandole de présomptions" sans preuve.

La compagnie ne cherche pas à "se défausser" sur les pilotes, a promis la défense. "Nous pensons qu'une conjonction d'éléments extérieurs a interféré avec le pilotage de l'avion et rendu leur tâche si difficile que, en dépit de leur formation et de leurs compétences, ils n'ont pas été en mesure d'y arriver". Des documents internes de la compagnie ne montraient aucune "fragilité chronique" chez le copilote, qui a été avec son collègue "diligemment formé", ont-ils assuré, soutenant notamment que la Yemenia n'avait pas connaissance du dysfonctionnement des feux obligatoires de l'aéroport et que la météo, ce soir là, était "exceptionnelle".

La compagnie a "attendu que l'accident se produise" : l'accusation a requis jeudi à Paris l'amende maximale, soit 232.500 euros, contre Yemenia Airways, jugée pour homicides et blessures involontaires après le crash d'un avion en 2009 au large des Comores qui avait fait 152 morts.Près de treize ans après cette catastrophe qui n'a laissé qu'une unique rescapée, le tribunal a mis son jugement en délibéré au 14 septembre, au dernier jour de ce procès qui a débuté le 9 mai. À la suite d'une série d'erreurs de pilotage lors de l'approche sur l'aéroport de Moroni, la capitale des Comores, le vol Yemenia 626 s'était abîmé dans l'océan Indien dans la nuit du 29 au 30 juin 2009. 142 passagers, dont 66 Français, et 11 membres d'équipage périrent. Seule une adolescente de 12 ans, Bahia Bakari, survécut.La compagnie nationale...