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Les États-Unis inquiets de la fermeture du dernier accès humanitaire

Les États-Unis inquiets de la fermeture du dernier accès humanitaire

L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield , le 2 juin 2022. Photo OZAN KOSE / AFP

L'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a réclamé jeudi en Turquie le maintien du dernier accès transfrontalier permettant d'acheminer de l'aide au nord de la Syrie, menacé de fermeture par Moscou, s'inquiétant du risque de voir s'"aggraver les souffrances" de millions de personnes.

L'autorisation de ce dernier point de passage transfrontalier, en vigueur depuis 2014, arrive à expiration le 10 juillet prochain et nécessitera un vote du Conseil de sécurité, début juillet, auquel la Russie, soutien de Damas, menace d'opposer son veto.

"Nous devons prolonger ce point de passage, nous devons continuer à fournir cette aide", a déclaré Mme Thomas-Greenfield depuis un centre logistique des Nations unies situé en lisière de Reyhanli (sud), à trois kilomètres à vol d'oiseau de la frontière turco-syrienne.

Par ce lieu, ont transité l'an dernier près de 10.000 camions chargés d'aide humanitaire à destination de la région d'Idleb, ultime bastion jihadiste et rebelle de Syrie où vivent environ trois millions de personnes dans des conditions précaires. Pour les observateurs, Moscou cherche à faire du maintien de cet accès humanitaire une monnaie d'échange dans le contexte de la guerre en Ukraine.

"Nous savons que la situation est déjà terrible là-bas, que les gens souffrent", a souligné l'ambassadrice américaine, affirmant que si cette autorisation transfrontalière n'était pas renouvelée, cela affecterait des "millions de Syriens". "Cela aggravera les souffrances, accroîtra le nombre de personnes déplacées et possiblement, le nombre de personnes qui pourraient tenter de franchir la frontière avec la Turquie", a-t-elle estimé au terme d'une visite de 24 heures en Turquie.

Cette autorisation, à laquelle Moscou avait déjà menacé de s'opposer l'an dernier, permet d'acheminer depuis la Turquie de l'aide humanitaire - nourriture, médicaments, couvertures, matelas et même vaccins anti-Covid - aux Syriens, sans l'aval de Damas, via le point d'entrée de Bab al-Hawa, dans le nord-ouest de la Syrie.

La Russie a déjà fait savoir le 20 mai dernier, par son ambassadeur adjoint à l'ONU, Dmitry Polyanskiy, qu'elle ne voit pas "de raisons de poursuivre ce dispositif" qui "viole la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie".

Plus de 80% de la population du nord-ouest de la Syrie dépend de ce dispositif pour sa survie, selon l'ONU. Des ONG turques n'opérant pas sous l'égide de l'ONU pourront continuer d'acheminer de l'aide, mais "je ne crois pas qu'aucune organisation puisse égaler la qualité et la quantité de nourriture qui est acheminée par delà la frontière à travers ce mécanisme", a fait valoir Mme Thomas-Greenfield.

Depuis 2020, seul le point de passage de Bab al-Hawa est resté ouvert, trois autres ayant été exclus du champ d'application de la résolution en raison de l'opposition de la Russie notamment.

L'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a réclamé jeudi en Turquie le maintien du dernier accès transfrontalier permettant d'acheminer de l'aide au nord de la Syrie, menacé de fermeture par Moscou, s'inquiétant du risque de voir s'"aggraver les souffrances" de millions de personnes.
L'autorisation de ce dernier point de passage transfrontalier, en vigueur depuis 2014, arrive à expiration le 10 juillet prochain et nécessitera un vote du Conseil de sécurité, début juillet, auquel la Russie, soutien de Damas, menace d'opposer son veto.
"Nous devons prolonger ce point de passage, nous devons continuer à fournir cette aide", a déclaré Mme Thomas-Greenfield depuis un centre logistique des Nations unies situé en lisière de Reyhanli (sud), à trois kilomètres à vol d'oiseau de la frontière...