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Moscou ne voit pas de raisons de renouveler l'autorisation d'aide transfrontalière de l'ONU


Moscou ne voit pas de raisons de renouveler l'autorisation d'aide transfrontalière de l'ONU

Une femme dans un camp de déplacés de Kafr Arouk, dans la région d'Idleb, le 20 décembre 2021. Photo REUTERS/Khalil Ashawi/File Photo

 La Russie a affirmé vendredi ne pas voir de raisons de renouveler en juillet l'autorisation transfrontalière de l'ONU permettant d'acheminer de l'aide humanitaire au nord-ouest de la Syrie sans l'aval de Damas, jugée cependant cruciale par l'ONU et les Occidentaux.

Clé lors d'un vote attendu début juillet, la Russie ne voit pas "de raisons de poursuivre ce dispositif transfrontalier" qui "viole la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie", a déclaré lors d'une réunion du Conseil de sécurité l'ambassadeur russe adjoint à l'ONU, Dmitry Polyanskiy. Rien n'a été fait contre les groupes qui contrôlent "l'enclave terroriste" d'Idleb dans le nord-ouest desservi en aide humanitaire via le point de passage de Bab al-Hawa, à la frontière syrienne avec la Turquie, a-t-il déploré.

Le diplomate a aussi reproché aux Occidentaux d'imposer des conditions politiques inadmissibles à leur éventuelle participation financière à des projets de reconstruction de la Syrie, un point de vue partagé par la Chine.

L'autorisation transfrontalière expire le 10 juillet.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths a souligné pour sa part "que les opérations au travers des lignes de front (venant de Damas) ne peuvent pas, dans les conditions actuelles, remplacer la taille ou la portée de l'opération transfrontalière massive de l'ONU". "Le non-renouvellement de l'autorisation (en juillet) perturbera l'aide vitale aux personnes vivant dans le nord-ouest, dont plus d'un million d'enfants", a-t-il averti.

Farida Almouslem, gynécologue et membre de la Syrian American Medical Society, a livré un témoignage dramatique de son expérience de travail dans un hôpital d'Alep bombardé au chlore. Regrettant l'absence de sanctions des responsables de ces attaques, elle a souligné à propos des besoins humanitaires qu'ils "continuaient de croître pendant que les fonds (pour l'aide) diminuaient", évoquant plus de 4 millions de personnes dans le nord ayant besoin d'une assistance, en forte augmentation par rapport à l'an dernier. "L'impact de l'aide à travers les lignes de front" venant de Damas "est resté minime", a-t-elle ajouté.

Une majorité de membres du Conseil de sécurité, dont les Emirats Arabes Unis et les Occidentaux, se sont prononcés en faveur du renouvellement du mécanisme transfrontalier, qualifié de "bouée de sauvetage" par les Africains du Conseil.

Le mécanisme transfrontalier, qui bénéficie aujourd'hui à plus de trois millions de personnes dans le nord-ouest de la Syrie échappant toujours au contrôle de Damas, est en fonction depuis 2014. Depuis 2020, il ne fonctionne plus que par Bab al-Hawa, après la suppression de trois autres accès imposée par Moscou.


 La Russie a affirmé vendredi ne pas voir de raisons de renouveler en juillet l'autorisation transfrontalière de l'ONU permettant d'acheminer de l'aide humanitaire au nord-ouest de la Syrie sans l'aval de Damas, jugée cependant cruciale par l'ONU et les Occidentaux.
Clé lors d'un vote attendu début juillet, la Russie ne voit pas "de raisons de poursuivre ce dispositif transfrontalier"...