Le président iranien Ebrahim Raïssi, prenant part aux manifestations pour la journée al-Qods à Téhéran, le 29 avril 2022. Photo AFP
Des milliers d'Iraniens ont manifesté vendredi à travers le pays pour marquer la "Journée de Jérusalem" en soutien aux Palestiniens, alors que la tension est très vive depuis plus d'un mois dans les Territoires palestiniens et en Israël.
Depuis la Révolution islamique de 1979, la "Journée d'Al-Qods" (Jérusalem en arabe) a lieu tous les ans lors du dernier vendredi du ramadan, le mois de jeûne musulman, en solidarité avec les Palestiniens.
Les rassemblements, qui avaient été annulés ces deux dernières années en raison de la pandémie du Covid , ont eu lieu vendredi à Téhéran ainsi que dans les principales villes comme Machhad (nord-est), Ispahan (centre) et Tabriz (nord-est), selon des images diffusées par la télévision d’État IRIB. "Mort à l'Amérique et à Israël", ont scandé les manifestants qui brandissaient des drapeaux palestiniens et iraniens. "Jérusalem est à nous", peut-on lire sur l'une des affiches.
Ces manifestations se déroulent alors que des heurts ont éclaté plus tôt dans la journée sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem entre manifestants palestiniens et policiers israéliens, faisant 42 blessés.
Pour le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, "ce qui se passe dans les territoires palestiniens a annulé les projets de normalisation avec l'entité sioniste (Israël, ndlr) et tous les accords comme celui d'Oslo ou la solution à deux États", a-t-il déclaré dans un discours télévisé en arabe à "l'adresse des Palestiniens". Les accords d'Oslo signés en 1993 par Israël, l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et les États-Unis accordent une autonomie limitée aux Palestiniens en Cisjordanie.
"La République islamique d'Iran soutient la résistance palestinienne et dénonce la normalisation (avec Israël). Ce que certains pays arabe ont fait est une trahison", a ajouté l'ayatollah Khamenei.
Les Émirats arabes unis ont normalisé leurs relations avec Israël en 2020 dans le cadre d'une série d'accords négociés par les États-Unis. Bahreïn et le Maroc leur ont emboîté le pas, tandis que le Soudan a également accepté de normaliser ses liens avec l’État hébreu, même s'il doit encore finaliser l'accord.
Au cours des deux dernières semaines, de violents accrochages ont fait plus de 250 blessés palestiniens dans et autour de l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme connu sous le nom de Mont du Temple, qui est situé à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis 1967. Ces violences interviennent dans un contexte d'escalade après quatre attaques menées en Israël depuis fin mars qui ont fait 14 morts parmi lesquels un policier arabe israélien et deux Ukrainiens. Deux des attentats ont été perpétrées dans la métropole de Tel-Aviv par des Palestiniens originaires de Cisjordanie occupée.
Dans la foulée de ces attaques, l'armée israélienne a mené plusieurs opérations en Cisjordanie émaillées de heurts meurtriers. Au total, 26 Palestiniens et trois Arabes israéliens ont été tués, incluant des assaillants.

