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Culture - Exposition

Le manuscrit du « Petit Prince » à Paris : tout Saint-Exupéry exposé

Le manuscrit du « Petit Prince » à Paris : tout Saint-Exupéry exposé

Le Petit Prince dans la roseraie. Photo éditions Gallimard

Le manuscrit du Petit Prince vient en France pour la première fois, l’occasion d’exposer tout l’imaginaire d’Antoine de Saint-Exupéry, créateur d’un héros de conte promis à une célébrité mondiale.

L’exposition « À la rencontre du Petit Prince », qui s’ouvre aujourd’hui jeudi à Paris, au Musée des arts décoratifs (MAD), jusqu’au 26 juin, regorge de pièces de la main de l’écrivain aviateur.

Le conte a été écrit en 1942 aux États-Unis, à New York et Asharoken, un village de bord de mer sur Long Island. Quand Saint-Exupéry quitte l’Amérique en avril 1943 pour combattre depuis l’Afrique du Nord, il remet le manuscrit à sa maîtresse, la journaliste Sylvia Hamilton. Celle-ci le vendit ensuite à la Morgan Library & Museum en 1968.

De ce trésor, l’institution new-yorkaise a prêté les feuillets les plus importants. Dont les aquarelles originales qui représentent l’astéroïde du Petit Prince, soit la couverture du livre, ou le Petit Prince avec son manteau long à revers rouge.

La plus grande épure

L’aviateur, disparu lors d’une mission en Méditerranée en juillet 1944, ne vit pas le succès planétaire de ce conte. Mais il avait trouvé sa voix, son personnage et même son trait distinctif, après avoir été réticent à illustrer lui-même ce livre suggéré par ses éditeurs. À tel point qu’à la fin de sa vie, où le livre n’a que des éditions américaines (en anglais et en français), « le personnage et l’auteur finissent par se confondre », explique la commissaire Anne Monier-Vanryb.

L’exposition montre toute la profondeur de l’inspiration qui va aboutir à ce chef-d’œuvre, depuis l’enfance, depuis aussi une lettre à sa future épouse Consuelo en 1930 où il évoque « un enfant qui avait découvert un trésor » et « devint mélancolique », jusqu’aux esquisses dans lesquelles s’affine le héros.

« Saint-Ex » fit des choix drastiques pour son conte philosophique. Pour arriver à la plus grande épure possible, il élimine des scènes et des personnages : un escargot, un chasseur de papillons, une rencontre avec un vieux couple qui le chasse de sa maison...

« Il y a toujours du mystère autour de cette œuvre. Il suffit de prendre un feuillet et on tombe sur des énigmes », souligne l’autre commissaire d’exposition, Alban Cerisier.

Antoine de Saint-Exupéry chez Sylvia Hamilton, 1942. ©Coll. Succession Saint-Exupéry-D’Agay

Exil malheureux

« On n’a pas cessé d’en découvrir », ajoute-t-il. Une fondation suisse prête par exemple au MAD un incipit non retenu, où le narrateur explique qu’il ne sait pas dessiner un avion.

Saint-Exupéry le remanie largement puis narre l’accident qui le fait s’écraser dans le désert libyen en 1935. Une gourde et un morceau d’aéronef rappellent cet épisode, où dans la fiction apparaît le Petit Prince pour demander : « S’il vous plaît... dessine-moi un mouton ! »

Derrière l’histoire lumineuse de ce petit garçon parti pour un voyage intersidéral se trouve une histoire sombre, celle d’un exil malheureux. « Il y a un fond douloureux, de désespoir, chez Saint-Exupéry, qui ne trouve pas sa place, ne se sent pas reconnu. Cet enfant gâté est devenu un adulte sentimental, malheureux de ne pas pouvoir vivre une vie stable, incapable de se créer des attaches », estime l’universitaire Alain Vircondelet.

Celui-ci raconte dans Un été à Long Island, paru en janvier aux éditions de l’Observatoire, la rédaction du conte. Une « parenthèse enchantée » dans une vie de couple fort tumultueuse, qui commence par une rencontre et une demande en mariage à bord d’un avion, le même jour de 1930, et se finit par une mission de reconnaissance fatale au pilote de guerre.

Hugues HONORÉ/AFP

Le manuscrit du Petit Prince vient en France pour la première fois, l’occasion d’exposer tout l’imaginaire d’Antoine de Saint-Exupéry, créateur d’un héros de conte promis à une célébrité mondiale. L’exposition « À la rencontre du Petit Prince », qui s’ouvre aujourd’hui jeudi à Paris, au Musée des arts décoratifs (MAD), jusqu’au 26 juin, regorge de pièces de la main de l’écrivain aviateur. Le conte a été écrit en 1942 aux États-Unis, à New York et Asharoken, un village de bord de mer sur Long Island. Quand Saint-Exupéry quitte l’Amérique en avril 1943 pour combattre depuis l’Afrique du Nord, il remet le manuscrit à sa maîtresse, la journaliste Sylvia Hamilton. Celle-ci le vendit ensuite à la Morgan Library & Museum en 1968. De ce trésor, l’institution new-yorkaise a...
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