Le chef de la diplomatie du Vatican, Mgr Paul Gallagher, en visite officielle à Beyrouth depuis lundi soir, a appelé hier la communauté internationale à « aider le Liban à mettre un terme à sa crise économique », alors que le pays continue de s’enliser dans la pire crise socio-économique de son histoire contemporaine.
« La famille internationale doit aider le Liban à mettre un terme à sa crise économique », a plaidé l’archevêque lors de l’ouverture d’un symposium sur « Jean-Paul II et le Liban-message » à l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), notant la nécessité de « mettre en œuvre des réformes, tout en s’engageant à veiller à l’intérêt du peuple ». Le numéro trois du Vatican a également dénoncé le fait que « les obstacles politiques entravent la vie démocratique dans le pays ». « Le peuple vit toujours dans une grande peine », a également regretté l’archevêque, déplorant que « de nombreuses familles ne parviennent pas à accéder à leur argent dans les banques ».
Mgr Gallagher s’est par la suite rendu à Bkerké en compagnie du nonce apostolique au Liban, Mgr Joseph Spiteri, afin de s’entretenir avec le patriarche maronite Béchara Raï. À l’issue de la réunion, le haut responsable du Vatican a souligné que cette visite au Liban lui a permis de palper la situation dans laquelle vivent les citoyens. « Nous pouvons toujours être en union de prières et nous engager avec la communauté internationale pour aider le Liban et inviter à des collaborations avec le pays et ses autorités », a-t-il déclaré.
La veille, l’archevêque s’était entretenu au palais de Baabda avec le chef de l’État Michel Aoun et s’est montré inquiet pour le Liban, estimant que « l’avenir du pays n’est pas assuré ». Il s’est par la suite concerté avec le président du Parlement Nabih Berry ainsi qu’avec le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun. Mgr Gallagher avait affirmé que le pape François lui a « assuré qu’il se rendra prochainement au Liban », sans toutefois préciser de date. Il avait également prévenu que « tout affaiblissement de la présence chrétienne détruira l’équilibre interne et l’identité du Liban ». L’archevêque avait enfin assuré que le Vatican était prêt à parrainer un dialogue national entre les partis politiques si une demande officielle en était faite par les formations concernées.
L’archevêque rencontrera aujourd’hui le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, le cheikh Akl druze Sami Abilmona et le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Ali el-Khatib. Il s’entretiendra également à midi avec le Premier ministre Nagib Mikati et le chef de la diplomatie Abdallah Bou Habib à 15h avant de rentrer à Rome demain matin.


Commençons par nous aider nous- mêmes. Notre intelligence nous sert à l ' extérieur du pays pour briller...et au sein de notre patrie à nous inféoder aveuglément à de bien médiocres dirigeants. Alors nous ne devons en vouloir qu'à nous-mêmes. Tant qu'il en sera ainsi, nous méritons bien plus que ce que nous vivons
17 h 27, le 03 février 2022