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Dernières Infos - Pénuries au Liban

Le courant électrique jordanien attendu "avant le printemps", affirme le ministre de l'Energie

Le courant électrique jordanien attendu

Des câbles électriques sur un poteau à Tyr, dans le sud du Liban, le 11 août 2021. Photo REUTERS/Aziz Taher

Le ministre libanais de l'Energie, Walid Fayad, a indiqué vendredi que l'importation de courant électrique de la Jordanie via la Syrie devrait se faire "dans les deux prochains mois, avant le printemps", alors que le Liban, en pleine crise, souffre de graves pénuries sur ce plan.

Lors d'une réunion au Grand sérail axée autour des projets de la Banque mondiale pour soutenir le secteur électrique au Liban, M. Fayad a d'abord évoqué les réformes envisagées pour ce secteur, notamment la réduction du "gaspillage", une meilleure collecte des recettes et une augmentation des tarifs pour les abonnés au réseau d'Electricité du Liban (EDL).

Il s'est ensuite penché sur la question de l'importation de courant de Jordanie via la Syrie. "Nous étudions avec la Banque mondiale la question du financement. Les autorités jordaniennes et égyptiennes doivent également s'assurer de manière définitive que le contrat ne les exposera à aucune conséquence négative en raison de la loi César", qui prévoit des sanctions américaines pour toute personne ou entité coopérant avec le régime syrien de Bachar el-Assad, a indiqué M. Fayad. "Ce n'est qu'après cela que nous pourrons recevoir le courant jordanien et le gaz égyptien, ce qui se fera en principe dans les deux prochains mois, avant le printemps", a affirmé le ministre, sans donner de date fixe.

Le ministre jordanien de l’Énergie et des ressources minérales, Saleh Kharabsheh, a annoncé mercredi que le Liban, la Jordanie et la Syrie allaient signer "mercredi prochain" le contrat d’importation d’électricité dont les bases ont été posées dans le cadre de l’initiative américaine dévoilée en août dernier. Le courant doit être acheminé via la Syrie, dont le régime est visé par des sanctions mais que Washington a consenti à aménager.

Alors que le Liban est en crise depuis plus de deux ans, le fournisseur public Electricité du Liban a de plus en plus de mal à assurer ne serait-ce qu’une poignée d’heures de courant par jour, la faute à des décennies de gestion calamiteuse, exacerbées par les difficultés financières du pays. Depuis plusieurs mois, EDL ne parvient, en effet, à déployer qu’entre 400 et 700 MW sur plus de 1 500 MW au total, pour une demande qui en nécessite 3 000 MW selon ses propres données.

Le fait que les tarifs d’électricité soient gelés depuis le début des années 1990 pour satisfaire un certain clientélisme politique a logiquement limité les moyens d’EDL, qui dépend des avances du Trésor public pour fonctionner et acheter son carburant, tandis que la dépréciation de la monnaie nationale a réduit la valeur réelle de ses revenus encaissés en livres. De fait, les Libanais sont obligés de compter sur des générateurs privés collectifs, dont la facture de carburant est beaucoup plus onéreuse, pour avoir du courant pendant l’essentiel de la journée.


Le ministre libanais de l'Energie, Walid Fayad, a indiqué vendredi que l'importation de courant électrique de la Jordanie via la Syrie devrait se faire "dans les deux prochains mois, avant le printemps", alors que le Liban, en pleine crise, souffre de graves pénuries sur ce plan.Lors d'une réunion au Grand sérail axée autour des projets de la Banque mondiale pour soutenir le secteur...