Le chercheur irakien Hicham el-Hachémi, spécialiste des mouvements jihadistes, le 11 février 2019, à Bagdad, en Irak. Capture d'écran AFPTV
Un tribunal irakien a ajourné au 28 février le procès de l'accusé de l'assassinat du chercheur Hicham al-Hachémi, a indiqué mardi une source judiciaire à l'AFP, une affaire qui avait provoqué de l'indignation en Irak et à l'étranger.
Spécialiste internationalement reconnu des mouvements jihadistes et figure respectée de la société civile, Hicham al-Hachémi a été abattu le 6 juillet 2020 par des hommes à moto devant son domicile dans la capitale irakienne.
Un an plus tard, le Premier ministre irakien, Moustapha Kazimi, avait annoncé des arrestations et la télévision d’État avait diffusé les "confessions" de l'homme présenté comme le principal auteur de l'assassinat: Ahmad el-Kenani, un policier de 36 ans engagé dans les forces de l'ordre depuis 2007.
Mardi, l'agence de presse étatique INA a rapporté "l'ajournement du procès de l'assassin du martyr Hicham al-Hachémi au 28 février". Il s'agit de la deuxième audience dans cette affaire devant un tribunal de Bagdad, a indiqué la source judiciaire interrogée par l'AFP. "L'avocat de l'accusé a déposé une requête réclamant un second examen médical pour son client, qui a affirmé avoir été torturé dans le but de lui soutirer des aveux", a-t-elle précisé.
Au moment de son arrestation en juillet 2021, une source de sécurité interrogée par l'AFP assurait que ce policier était considéré comme proche des brigades du Hezbollah, l'un des groupes les plus puissants de la coalition pro-iranienne du Hachd al-Chaabi.
Une source proche de la famille de Hachémi a déploré mardi ce report de deux mois, y voyant une tentative de "tergiversation".
L'assassinat de Hachémi avait profondément choqué l'Irak et avait été condamné par l'ONU et des capitales occidentales. Il était régulièrement consulté par de nombreuses chancelleries et personnalités politiques irakiennes. Le chercheur avait pris position en faveur du soulèvement anti-pouvoir déclenché à l'automne 2019, un mouvement qui dénonçait la corruption dans le pays, réclamait une refonte totale du système politique et fustigeait la mainmise iranienne sur Bagdad.
Avant Hachémi, des dizaines de militants et manifestants dénonçant la gabegie de l’État et la mainmise de Téhéran en Irak avaient été assassinés.

