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L'OIAC met la pression sur Damas et Moscou

L'OIAC met la pression sur Damas et Moscou

Le siège de l'organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à La Haye, aux Pays-Bas, en 2018. Photo d'archives AFP

La Syrie et la Russie ont fait face lundi à de nouvelles pressions en vue de faire preuve de transparence sur l'utilisation présumée d'armes toxiques, à l'occasion d'une réunion à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à La Haye, aux Pays-Bas.

Le régime syrien omet toujours de déclarer son stock d'armes chimiques et d'accueillir des enquêteurs de cette organisation internationale sur son sol, a déclaré le directeur général de l'OIAC, Fernando Arias.

L'empoisonnement à l'aide d'un agent neurotoxique de l'opposant aujourd'hui emprisonné Alexeï Navalny en Russie continue par ailleurs de constituer une "grave menace" pesant sur les efforts au niveau mondial pour éradiquer les armes chimiques, a ajouté M. Arias.

La Syrie nie l'utilisation d'armes chimiques et affirme avoir remis tous ses stocks sous supervision internationale aux termes d'un accord conclu en 2013, lorsqu'elle a rejoint l'OIAC, après une attaque présumée au sarin, un agent neurotoxique, qui a fait 1.400 morts dans la banlieue de Damas, la capitale.

Mais les Etats membres de l'OIAC ont en avril voté la suspension des droits de vote de la Syrie, après qu'une enquête l'a mise en cause pour de nouvelles attaques au gaz toxique. Ses droits resteront suspendus jusqu'à ce que ces pays décident que le régime de Damas a entièrement déclaré toutes ses armes chimiques et ses installations de fabrication d'armes. "A ce jour, la Syrie n'a mis en oeuvre aucune de ces mesures", a affirmé lundi M. Arias, ajoutant que les déclarations de Damas "ne peuvent toujours pas être considérées comme exactes et complètes".

Le directeur général a dit qu'il organisait une rencontre avec le ministre syrien des Affaires étrangères pour discuter de la situation.

La Russie a par ailleurs été accusée lundi de ne pas avoir répondu à des interrogations formulées par les pays occidentaux sur l'empoisonnement en 2020 de M. Navalny, qu'ils imputent à la Russie, qui nie quant à elle avoir été impliquée dans l'incident.

"Menace sérieuse"

"L'utilisation d'armes chimiques sur le territoire de la Fédération de Russie constitue également une menace sérieuse pour la convention", a déclaré M. Arias. "Nous appelons à nouveau la Russie et le régime (du président syrien Bachar el-Assad) à se conformer à leurs obligations", a déclaré dans un communiqué Bonnie Jenkins, la sous-secrétaire d'Etat américaine au désarmement.

La ministre britannique de la Défense Annabel Goldie a estimé que la Russie devait non seulement répondre aux questions sur Alexeï Navalny, mais aussi sur l'empoisonnement au Novitchok de l'ancien agent du KGB Sergueï Skripal à Salisbury, au Royaume-Uni, en 2018. "Il n'y a aucune explication plausible à ces empoisonnements autre que l'implication et la responsabilité russes", a jugé Mme Goldie.

Moscou a toujours nié toute implication dans les deux incidents.

L'ambassadeur de Syrie a rejeté la décision "politisée" de suspendre ses droits à l'OIAC. "Cela encourage les groupes terroristes à continuer de mettre en scène leurs incidents présumés", a déclaré l'émissaire Milad Atieh, réitérant une allégation fréquente de Damas et de Moscou selon laquelle les islamistes participant à la guerre civile en Syrie ont simulé des attaques chimiques.

L'ambassadeur de Russie Alexandre Choulguine a déclaré que ces allégations étaient "totalement sans fondement" et un "scandale grandiose".


La Syrie et la Russie ont fait face lundi à de nouvelles pressions en vue de faire preuve de transparence sur l'utilisation présumée d'armes toxiques, à l'occasion d'une réunion à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à La Haye, aux Pays-Bas. Le régime syrien omet toujours de déclarer son stock d'armes chimiques et d'accueillir des enquêteurs de cette...