En dépit des multiples problèmes auxquels les Libanais doivent faire face, la plupart des parties politiques sont désormais en mode électoral. Au sein de tous les partis et même chez les différents groupes de l’opposition, sans parler des milieux diplomatiques, les estimations se multiplient, ainsi que les pronostics. Au cœur de toutes les analyses restent le Hezbollah, ses scores potentiels, ses alliances et sa stratégie. Dans la confusion actuelle, c’est d’ailleurs la seule formation qui a déjà défini son approche pour les législatives.
Les sociétés spécialisées dans les statistiques et dans les analyses électorales, sollicitées à la fois par des parties locales et par d’autres étrangères pour dessiner les contours du prochain Parlement et en définir les nouveaux rapports de force sont d’accord sur un point : le Hezbollah devrait conserver son groupe parlementaire de 13 ou même passer à 14 députés. En général, les analyses estiment que les deux scènes où un changement significatif pourrait se produire sont les scènes chrétienne et sunnite. Les différents sondages de l’humeur des électeurs montrent en effet que de très légers changements sont escomptés chez les électeurs chiites et druzes, alors que les milieux chrétiens et sunnites connaissent une véritable effervescence qui pourrait se traduire par des votes différents dans les urnes. Pour l’instant, il est difficile de faire des pronostics précis sur le vote sunnite, alors que le chef du courant du Futur Saad Hariri n’a pas encore pris une décision définitive au sujet de sa candidature personnelle aux prochaines législatives ni au sujet des candidatures de personnalités appartenant à son courant. En effet, selon des sources du courant du Futur, si l’ancien Premier ministre décidait de ne pas se présenter, il pourrait aussi demander à toutes les figures de son courant de suivre son exemple, laissant toutefois à ses partisans la liberté de se rendre ou non aux urnes. Or une telle décision devrait avoir un impact certain sur le vote sunnite. Tant que Saad Hariri n’a pas annoncé sa décision, il est donc impossible de faire de véritables pronostics. Par contre, sur la scène chrétienne, la plupart des études annoncent un changement dans l’humeur des électeurs qui devrait se traduire par la perte de plusieurs sièges pour le groupe aouniste (on parle d’une dizaine). Ceux-ci n’iraient pas toutefois aux Forces libanaises, mais à ce qu’on appelle désormais les « forces du changement » issues des rangs de l’opposition.
Ces études sont faites suffisamment tôt, à plusieurs mois des élections (que celles-ci aient lieu le 27 mars, le 8 mai ou le 15 mai), pour permettre aux parties concernées d’améliorer leur potentiel. C’est dans ce cadre que la plupart des parties qui comptent présenter des candidats aux élections sont en train d’étudier les chiffres et de tâter le terrain pour nouer des alliances utiles. Au Liban – c’est en effet une tradition –, il y a ce qu’on appelle les alliances électorales qui ne vivent que le temps du scrutin et qui sont destinées à permettre aux parties qui les nouent d’avoir un plus grand nombre de députés au Parlement. L’exemple le plus significatif de ces alliances a eu lieu en 2005, dans le cadre de ce qu’on a appelé à l’époque « l’accord quadripartite » conclu entre Amal (de Nabih Berry), le Hezbollah, le courant du Futur et le Parti socialiste progressiste (de Walid Joumblatt), qui avait permis au mouvement du 14 Mars de remporter la majorité parlementaire aux législatives. Aujourd’hui, ces alliances sont rendues encore plus nécessaires par la dernière loi électorale votée en 2018 qui adopte un scrutin proportionnel en deux temps. D’abord, il faut que la liste obtienne le coefficient électoral nécessaire pour obtenir un siège, ensuite, au sein même de la liste, il y a une concurrence pour obtenir le plus grand nombre de voix préférentielles. Il est donc encore trop tôt pour évoquer ces alliances qui ne sont pas basées sur des principes fixes, mais dictées par des intérêts électoraux purs.
À ce stade, le Hezbollah serait donc le seul à avoir déjà fixé sa stratégie électorale qui repose sur trois principes : obtenir avec le mouvement Amal les 27 sièges chiites du Parlement, appuyer totalement le Courant patriotique libre (CPL) et distribuer autant que possible ses voix sur ses alliés sur les scènes sunnite et druze.
Selon des sources proches du parti pro-iranien, celui-ci compte près de 400 000 voix préférentielles réparties sur l’ensemble des circonscriptions électorales. Lors des élections de 2018, il avait ainsi voulu montrer sa force en donnant un maximum de voix préférentielles à ses candidats. Par exemple, le député Amine Cherri à Beyrouth II est celui qui a obtenu le plus grand nombre de voix préférentielles dans une circonscription où les voix sunnites sont prépondérantes. De même à Zahlé, le député du Hezbollah Aymane Jomaa a obtenu un score élevé par rapport aux autres députés. À Tyr, le Hezbollah avait donné un grand nombre de voix préférentielles à ses candidats pour montrer qu’il était plus populaire que le mouvement Amal, même dans le fief de ce dernier.
Cette tactique devrait changer pour l’échéance de 2022. Selon les sources précitées, le Hezbollah compte modifier ses priorités et donner à ses candidats les voix préférentielles nécessaires à leur arrivée au Parlement. Le surplus sera ainsi distribué sur les alliés, qu’il s’agisse des candidats du mouvement Amal, de ceux du CPL, de ceux du Parti démocratique de Talal Arslane ou encore ceux des Ahbache et d’autres alliés sunnites. Ceux qui avaient misé sur une séparation électorale entre Amal et le Hezbollah suite aux frictions des dernières années devront donc revoir leurs calculs, ajoute-t-on de même source. Le Hezbollah mènera cette fois les élections de concert avec le mouvement Amal, tout en essayant de trouver des compromis entre ce dernier et le CPL dans les circonscriptions où il peut y avoir des frictions entre les deux alliés du parti de Hassan Narsrallah, comme celle de Jezzine.


Encore un article nul, mal écrit et qui n’explique rien. À l’OLJ se côtoient le meilleur (hélas trop rare ) de Caroline Hayek et le pire (hélas trop fréquent) de cette « journaliste » qui n’en est certainement pas une !!!
20 h 11, le 29 novembre 2021