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Election controversée : le secrétaire général défend l'indépendance de l'organisation

Election controversée : le secrétaire général défend l'indépendance de l'organisation

Le secrétaire général de l'Interpol, Jürgen Stock, lors de l'assemblée générale de l'organisation à Istanbul, le 23 novembre 2021. Photo Ozan KOSE / AFP

 Le secrétaire général d'Interpol, Jürgen Stock, a vigoureusement défendu vendredi l'indépendance de l'organisation de coopération policière dans un entretien avec l'AFP, après l'élection controversée d'un général émirati au poste de président.

Le général Ahmed Nasser Al-Raisi, accusé de torture, a recueilli deux tiers des suffrages jeudi au cours de la dernière assemblée générale de l'organisation de coopération policière à Istanbul, suscitant l'inquiétude des défenseurs des droits humains qui estiment que son élection entravera la mission de l'organisation.

"Nous sommes bien sûr conscients qu'il y a des accusations sérieuses contre M. Al Raisi et nous avons noté que la présomption d'innocence doit s'appliquer", a dit M. Stock à l'AFP, à son retour d'Istanbul. La liste du comité exécutif "comprend les USA, l'Espagne, la Chine, le Soudan, est-ce que ces gens ont une influence sur le travail de mon équipe? Non", a-t-il souligné en réponse aux critiques. "Nous ne sommes pas une organisation aveugle. Il y a un processus clair de contrôle et aucun membre du comité exécutif ne peut changer cela", a insisté le secrétaire général, qui concentre tous les pouvoirs opérationnels de l'organisation.

"Quelqu'un veut une notice rouge pour chasser les opposants politiques ? Stop, ligne rouge. Les notices rouges ont des lignes rouges que nous ne franchissons pas", a assuré ce policier allemand devenu le patron d'Interpol en 2014. "Cela signifie que nous devons parfois frustrer nos membres", a-t-il dit, en rappelant qu'il était "de notoriété publique que la Turquie avait publiquement critiqué Interpol pour avoir effacé plusieurs demandes de notices rouges". "Est-ce que nous avons besoin des Émirats arabes unis ? Oui bien sûr, beaucoup de pays ont une coopération bilatérale" avec ce pays, a-t-il ajouté. "Est-ce que nous devons arrêter cela ? Non."

Face à la globalisation du crime, "le public doit comprendre que l'important est que nous rassemblions tous les pays, qui ont des standards très différents et des façons de travailler très différentes", a-t-il ajouté. "Je ne suis pas un politicien, je ne suis pas un diplomate, nous sommes juste une organisation technique de police qui, dans un cadre légal strict, essaie de connecter les pays pour que le monde soit plus sûr", a-t-il insisté.

En 2020, l'organisation a émis 11.094 notices rouges, en légère baisse comparée à l'année précédente (13.377) marquée par la crise sanitaire, généré plus de 3,9 milliards de recherches qui ont conduit plus d'un million d'interpellations. "Les criminels exploitent toutes les failles, nous n'avons jamais eu, auparavant, des criminels qui s'adaptent aussi vite aux nouvelles situations comme celles créées par la pandémie", a souligné M. Stock.

Interpol, qui compte 195 membres depuis que la récente adhésion de la Micronésie, dispose d'un budget de 145 millions d'euros en 2021. Avec des effectifs en augmentation, l'organisation va agrandir son siège à Lyon avec des travaux évalués à 40 millions d'euros. "Nous avons reçu un engagement formel de la part du gouvernement français pour le financement de l'extension de notre quartier général", a précisé M. Stock vendredi après plusieurs semaines d'incertitude sur la finalisation de ce financement.


 Le secrétaire général d'Interpol, Jürgen Stock, a vigoureusement défendu vendredi l'indépendance de l'organisation de coopération policière dans un entretien avec l'AFP, après l'élection controversée d'un général émirati au poste de président.Le général Ahmed Nasser Al-Raisi, accusé de torture, a recueilli deux tiers des suffrages jeudi au cours de la dernière assemblée...