Les évêques maronites, réunis le 6 octobre 2021 au patriarcat de Bkerké. Photo ANI
Les évêques maronites ont dénoncé mercredi "les ingérences honteuses" dans l'enquête sur la double explosion meurtrière du 4 août 2021 au port de Beyrouth, réclamant que la vérité soit faite sur ce drame qui a tué plus de 200 personnes et blessé 6.500 autres, alors que l'enquête piétine depuis un an.
A l'issue de leur réunion mensuelle au siège patriarcal de Bkerké, les évêques ont "mis en garde contre les ingérences honteuses dans les affaires judiciaires alors que la justice tente de dévoiler la vérité dans le crime de l'explosion au port de Beyrouth, ainsi que d'autres affaires", rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Les prélats ont dans ce contexte affirmé qu'ils "se tiennent au côté des juges intègres et des proches des victimes et des personnes affectées, jusqu'à ce que vérité soit faite et que les jugements justes soient rendus".
Le juge Tarek Bitar, en charge de l'instruction sur la double explosion meurtrière du 4 août 2020 au port de Beyrouth, a repris mardi son travail au palais de Justice après avoir été provisoirement dessaisi de l'enquête. Il a fixé à la semaine prochaine les interrogatoires de trois députés et anciens ministres poursuivis dans cette affaire, ainsi qu'à la fin du mois celui de l'ancien Premier ministre Hassane Diab. Ces responsables sont poursuivis pour "intention présumée d'homicide, négligence et manquements" et leurs auditions, initialement prévues entre la fin septembre et début octobre, avaient été annulées de facto pendant la suspension de l'enquête, après le dépôt d'un recours lancé par les députés contre le juge Bitar.
Sur le plan politique, les évêques maronites ont appelé les dirigeants à respecter les engagements pris par le Liban envers la communauté internationale", à savoir la mise en place de vraies réformes, condition sine qua non pour obtenir une aide financière internationale dont le Liban a grandement besoin pour sortir d'une grave crise économique et sociale qui dure depuis l'été 2019.
Le nouveau gouvernement de Nagib Mikati, formé le 10 septembre après 13 mois de crise politique, s'efforce d'envoyer des signaux positifs à la communauté internationale et a formé une délégation officielle censée reprendre les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir une assistance financière. Entre temps, 78% de la population au Liban a plongé dans la pauvreté.

