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Politique - Décryptage

Mikati et son cabinet peuvent réussir...

Même si la plupart des Libanais ne voient pas encore une amélioration concrète de leur vie quotidienne et si beaucoup de parties locales considèrent le nouveau gouvernement comme une version (à peine) améliorée du précédent, Nagib Mikati et son équipe peuvent réussir. Tout dépend bien sûr de ce qu’on attend d’eux.

Interrogée sur cette question, une source gouvernementale bien informée rappelle que la situation actuelle du Liban est tellement mauvaise, qu’il ne devrait pas être difficile pour le Premier ministre et son équipe de réaliser quelques améliorations qui feront la différence. Selon cette même source, Nagib Mikati ne songe pas seulement à ce que son gouvernement devrait faire au cours des six à huit prochains mois jusqu’aux élections législatives, il se projetterait aussi pour la période qui suivra le scrutin. Si le cabinet actuel atteint les objectifs qu’il s’est fixés, le chef du gouvernement pourrait ainsi se porter candidat pour former l’équipe ministérielle qui devrait suivre les élections et rester en place jusqu’après l’élection présidentielle qui devrait avoir lieu avant le 31 octobre 2022. Tout devrait donc dépendre de ce qui sera accompli au cours des prochains mois.

À cet égard, la source gouvernementale précitée affirme qu’il ne s’agit pas de mettre la barre trop haut, mais de se consacrer à des actions concrètes, selon un agenda précis, qui devraient être perceptibles par les citoyens et par la communauté internationale.

Toujours selon la même source, les priorités du gouvernement se résument ainsi : stopper l’effondrement et amorcer le processus de redressement, tout en mettant le paquet en vue d’organiser les élections législatives dans les délais. Concrètement, cela signifie qu’il faudra constituer le plus rapidement possible la délégation ministérielle chargée de négocier avec le Fonds monétaire international, lever les subventions, tout en donnant autant que possible une contrepartie aux citoyens, d’abord à travers la carte d’approvisionnement, dont les préparatifs ont été déjà pratiquement achevés, mais aussi à travers la stabilisation du taux de change des devises étrangères par rapport à la livre libanaise afin de créer une certaine sécurité monétaire. Ensuite, il faudra préparer un programme précis pour dépenser la somme de 1,135 milliard de dollars que le Liban a récemment reçue de la Banque mondiale de manière à améliorer les conditions de vie des Libanais. Si le gouvernement parvient à atteindre ces objectifs, il considère qu’il aura rempli sa mission.

Cela peut paraître simple, mais au Liban rien ne l’est. Chaque jour est porteur d’une nouvelle crise, tant les institutions publiques sont affaiblies et que la confiance des Libanais dans leur État est désormais réduite.

C’est justement pour cette raison, selon la source précitée, et afin de pouvoir lancer une action rapide qui lui permettrait de rétablir ne serait-ce qu’une partie de la confiance entre la population et l’État, que le Premier ministre a décidé de se rendre si rapidement en France. Il s’agit d’abord de remercier les responsables français pour l’intérêt qu’ils portent au Liban, surtout après la tragédie du port de Beyrouth le 4 août 2020, et ensuite de relancer avec la France certains projets prévus lors de la Conférence d’avril 2018 (CEDRE) qui sont en harmonie avec les réformes requises par la communauté internationale pour recommencer à aider le Liban.

Les entretiens de Nagib Mikati en France revêtent donc une grande importance, parce que les responsables français ont suivi pas à pas les négociations pour la formation du gouvernement et connaissent en détail la situation intérieure libanaise, ayant eux-mêmes présenté un plan de réformes que le président français avait soumis aux chefs des partis politiques lors de la rencontre à la Résidence des Pins, le 1er septembre 2020. Le chef du gouvernement devrait donc pouvoir entrer rapidement dans les détails concrets, selon les priorités qu’il s’est fixées et avec deux dossiers qui intéressent particulièrement les Français : l’électricité et la reconstruction du port de Beyrouth. Mais plus que cela, Nagib Mikati devrait aussi demander à Paris d’intervenir auprès des dirigeants saoudiens pour qu’ils s’impliquent de nouveau au Liban. En tout cas, il compte solliciter l’aide de la France en vue d’ouvrir devant lui les portes du royaume wahhabite. Il faut rappeler que le président français avait déjà tenté une médiation de ce genre il y a quelques mois entre les dirigeants saoudiens et le Premier ministre désigné à l’époque Saad Hariri, en vain. Mais cette fois, la mission a plus de chances de réussir, d’abord parce que le contexte régional et international a changé et ensuite parce que Nagib Mikati n’est pas Saad Hariri.

Concernant le premier point, il est clair que la situation régionale et internationale est différente aujourd’hui de ce qu’elle était il y a quelques mois. D’abord, la France et son président sont plus que jamais décidés à s’impliquer dans la région, de l’Irak jusqu’au Liban en passant par l’Égypte, la Jordanie et éventuellement la Syrie. De plus, en raison des revers essuyés actuellement par la France dans certains dossiers, notamment avec les États-Unis, Paris a besoin d’afficher des réussites auprès de l’opinion publique française en cette période pré-électorale. La formation du gouvernement Mikati est un point positif dans ce domaine, mais celui-ci doit encore prendre des mesures concrètes pour que sa réussite soit évidente.

De même, selon des sources diplomatiques concordantes, les États-Unis sont en repli dans la région allant de l’Afghanistan à l’Irak. Cela devrait permettre à la France d’être plus active et pourrait pousser l’Arabie saoudite à revoir ses positions dans la région. De plus, le contexte général n’est plus aux offensives militaires dans la région, ce qui signifie qu’à plus ou moins long terme, les ententes devraient être privilégiées et les antagonismes se réduire. Ce qui ne peut qu’être à l’avantage du Liban, devenu ces derniers temps un terrain de tiraillement entre les États-Unis et l’Iran. Nagib Mikati et son gouvernement sont donc arrivés au bon moment. Reste à savoir s’ils sauront saisir cette opportunité ou s’ils s’enliseront dans les sables mouvants internes.

Même si la plupart des Libanais ne voient pas encore une amélioration concrète de leur vie quotidienne et si beaucoup de parties locales considèrent le nouveau gouvernement comme une version (à peine) améliorée du précédent, Nagib Mikati et son équipe peuvent réussir. Tout dépend bien sûr de ce qu’on attend d’eux. Interrogée sur cette question, une source gouvernementale bien informée rappelle que la situation actuelle du Liban est tellement mauvaise, qu’il ne devrait pas être difficile pour le Premier ministre et son équipe de réaliser quelques améliorations qui feront la différence. Selon cette même source, Nagib Mikati ne songe pas seulement à ce que son gouvernement devrait faire au cours des six à huit prochains mois jusqu’aux élections législatives, il se projetterait aussi pour la période qui...
commentaires (6)

Qu’a cela ne tienne ! Qu’il commence par nous le prouver en défendant notre frontière maritime, restitution de notre argent et vote de la diaspora sans prétextes ni ambiguïtés en protégeant la neutralité du Liban qui devrait être sa spécificité dorénavant.

Wow

13 h 23, le 24 septembre 2021

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Commentaires (6)

  • Qu’a cela ne tienne ! Qu’il commence par nous le prouver en défendant notre frontière maritime, restitution de notre argent et vote de la diaspora sans prétextes ni ambiguïtés en protégeant la neutralité du Liban qui devrait être sa spécificité dorénavant.

    Wow

    13 h 23, le 24 septembre 2021

  • " Nagib Mikati et son équipe peuvent réussir. Tout dépend bien sûr de ce qu’on attend d’eux."... Le minimum de nos attentes serait, ramener la souveraineté exclusive de l'état sur les 10452 km2, lever complètement l'emprise de l'Iran et ses acolytes, donner le pouvoir juridique indépendant aux juges proprement sélectionnés, ramener et assainir les finances du pays, ramener nos rapports internationaux au beau fixe, organiser des élections libres sans interventions étrangères, et puis, et puis et puis.... non, non et non, ce gouvernement ne réussira pas tant que son âme est sous l'emprise de cette méduse maudite qui fige tous ceux qui osent la regarder...

    Wlek Sanferlou

    13 h 18, le 24 septembre 2021

  • on aurait dit NAPOLEON 1er ce que l'on pense que Macron voudrait accomplir bientot. le pauvre pres. francais, comme d'habitude, les libanais pensent qu'il POURRA les aider de tout coeur MALGRE TOUT. comme pt't heberger certains parmi les Kellon les plus coupables que la justice libanaise poursuivrait un de ces 4 matins. la FRANCE en a l'experience comme nous le savons.

    Gaby SIOUFI

    09 h 38, le 24 septembre 2021

  • "Nagib Mikati et son équipe peuvent réussir." Sincèrement, vous le croyez ? Tout ce qu'il peut faire a présent c'est dépenser le milliards reçu pour calmer le jeu et être réélu premier ministre après les élections que son gouvernement se doit de préparer. Déjà s'il réussit cela c'est un succès sinon avant, pendant ou après, sous Mikati, Hariri ou n'importe quel autre Tartempion Sunnite, le pays ne pourra se rétablir que si le Hezbollah remet ses armes a l’état ou bien l’état se désiste et accepte de devenir la République Islamique du Fakih et continuer a sombrer dans l'abysse.

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 02, le 24 septembre 2021

  • SOUS ENTEND LA TRINITE DIABOLIQUE DU MAL PAR INTIMIDATIONS SUR MIKATI POURRAIT REUSSIR. C,EST MECONNAITRE LA REPULSION LOCALE, REGIONALE ET INTERNATIONALE, ET SURTOUT CELLE DE LA B.M., DU FMI, DES DONATEURS ET DES INVESTISSEURS A L,ENCONTRE DE L,HYNRIDE, CLONE DES PRECEDENTS GOUVERNEMENTS, NE DES MARCHANDAGES HABITUELS DE LA MAFIOSITE HONNIE DE PAR LE MONDE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    07 h 34, le 24 septembre 2021

  • CET ARTICLE EST SIGNÉ PA LA SOURCE.

    Gebran Eid

    05 h 01, le 24 septembre 2021

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