Le président russe, Vladimir Poutine, recevant son homologue syrien, Bachar el-Assad, au Kremlin, le 13 septembre 2021. Photo Mikhail KLIMENTYEV / SPUTNIK / AFP
Le président russe Vladimir Poutine a critiqué la présence de forces étrangères en Syrie s'y trouvant sans l'accord du régime de Damas, en recevant son allié Bachar el-Assad en Russie, a annoncé le Kremlin mardi. Lors de cette rare rencontre en tête-à-tête entre les deux hommes, qui a eu lieu lundi, M. Poutine a estimé que les "terroristes ont subi des dommages considérables" en Syrie, où les forces gouvernementales contrôlent selon lui "90% du territoire".
M. Poutine a toutefois estimé, selon un communiqué du Kremlin publié mardi, que le "principal problème" de la Syrie est l'ingérence étrangère sur son sol. "Des forces armées étrangères, sans décision de l'ONU, sans votre accord, sont présentes sur certains territoires du pays, ce qui est manifestement contraire au droit international", a estimé M. Poutine. Le président russe n'a pas précisé quelles sont les forces étrangères en question mais la Turquie et ses alliés syriens contrôlent notamment des zones dans le nord de la Syrie, tandis que la coalition militaire menée par les Etats-Unis est basée dans le nord-est en soutien aux forces kurdes. La Russie est pour sa part militairement déployée en Syrie depuis 2015 en soutien aux forces de Bachar el-Assad et considère son implication justifiée car faisant suite à une demande des autorités "légitimes" de Damas. L'entrée dans la Russie est largement considéré comme le tournant qui a permis au régime de se maintenir. Des conseillers et groupes liés à l'Iran tels que le puissant Hezbollah sont également présents en Syrie et ont combattu aux côtés des forces de Bachar el-Assad.
Le président syrien a de son côté salué les "résultats significatifs obtenus par la Russie et la Syrie dans la libération des territoires occupés par les combattants et dans la destruction du terrorisme", selon la retranscription en russe de ses propos par le Kremlin. Il a toutefois reconnu que les "processus politiques" engagés pour mettre un terme à la guerre en Syrie "se sont arrêtés", imputant la paralysie des diverses négociations à "l'influence destructrice" de "certains États".
Selon un communiqué de la présidence syrienne, la rencontre entre MM. Poutine et Assad a porté sur la coopération économique, la lutte contre le terrorisme et "l'achèvement de la libération des terres encore" sous le contrôle des rebelles et jihadistes.
La guerre en Syrie a fait environ 500.000 morts et déplacé des millions de personnes depuis le déclenchement du conflit en 2011.


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