Le lieu de l'explosion d'une cuve d'essence à Tleil, dans le Akkar, le 15 août 2021. Photo Hassan SWEIDAN / AFP
Le bilan des victimes du drame du Akkar (Liban-Nord), survenu dans la nuit de samedi à dimanche dernier suite à l'explosion d'une citerne d'essence à Tleil, s'est alourdi jeudi, un jeune militaire ayant succombé à ses blessures. Selon notre correspondant au Akkar Michel Hallak, Alaa Salem Qobeidat, âgé de 34 ans et originaire du village de Aïn-Tenta dans le Akkar, est décédé à l'hôpital de Geitaoui à Beyrouth des suites de ses brûlures.
La catastrophe du week-end dernier a fait au moins trente morts et 80 blessés. Mais le bilan pourrait encore s’alourdir, de nombreuses familles étant toujours à la recherche de leurs proches disparus. Plusieurs restes humains carbonisés n’avaient toujours pas été identifiés vendredi.
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), trois blessés de l'explosion de Tleil qui se trouvaient à l'hôpital al-Salam à Tripoli ont été transportés jeudi à bord d'un avion privé aux Émirats arabes unis, afin de recevoir les soins nécessaires. Ce vol a eu lieu sous la supervision du chargé d'affaires de l'ambassade des Émirats arabes unis au Liban, Fahd el-Kaabi. Deux militaires souffrant de graves brûlures ont été évacués hier après-midi vers la Turquie, ce pays ayant envoyé un avion médicalisé les recueillir à l’aéroport de Beyrouth. Quatre autres soldats avaient été transférés vers la Turquie en début de semaine. D’autres blessés devraient également se faire soigner au Koweït.
La cuve d’essence qui a explosé à Tleil était apparemment destinée à la contrebande vers la Syrie. Elle venait d’être saisie par l’armée qui en distribuait le contenu aux habitants lorsque la tragédie a eu lieu. Une enquête a été ouverte pour déterminer s’il s’agissait d’un incident ou si le fils du propriétaire du réservoir avait tiré en direction de la cuve, comme l’affirment certains habitants. Une ambiance de deuil, de tristesse et de colère régnait mercredi dans le Akkar alors que se tenaient les funérailles de plusieurs victimes de l’explosion.
Le drame du Akkar a, à nouveau, mis en exergue l'effondrement du secteur hospitalier dans un Liban qui souffre de pénuries en série, notamment en matière de mazout pour les générateurs, de médicaments et d'équipement médical. C'est dans ce contexte de crise que le secrétaire général du Haut comité de secours, Mohammed Kheir, a salué jeudi des aides locales et internationales qui sont parvenues à son institution. Le responsable a veillé sur la distribution du matériel et des équipements médicaux "auprès des établissements publics, notamment les hôpitaux et les cliniques gouvernementaux qui accueillent les citoyens les plus pauvres".

