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Arrestation de militants : nouveau sit-in devant le domicile du député Merhebi à Beyrouth

Arrestation de militants : nouveau sit-in devant le domicile du député Merhebi à Beyrouth

Des manifestants devant l'immeuble dans lequel habite le député Tarek Merhebi, à Beyrouth, le 16 août 2021. Photo Mohammad Yassine

Alors que certains militants qui avaient protesté dimanche soir devant les domiciles de députés après le drame du Akkar restent en détention, un nouveau sit-in a été organisé lundi après-midi, pour le deuxième jour consécutif, devant le domicile de Tarek Merhebi, membre du Futur. En début de journée, des manifestants s'étaient rassemblés devant le siège de la Sécurité intérieure près de l'hôpital Hôtel Dieu de France pour exiger la libération des protestataires arrêtés.

La mobilisation de la veille, visant à protester contre la corruption des responsables quelques heures après l'explosion d'une cuve d'essence à Tleil, qui avait fait des dizaines de victimes, avait été violemment réprimée par les forces de l'ordre, qui avaient mis en garde contre toute attaque contre les maisons de responsables. Un groupe avait manifesté devant le domicile du Premier ministre désigné Nagib Mikati, et c'est là qu'avait été arrêté William Noun, le frère du pompier Joe Noun tué dans le drame du port le 4 août 2020, avant d'être relâché dans la nuit. D'autres manifestants avaient manifesté devant l'immeuble dans lequel vit Tarek Merhebi à Beyrouth et certains étaient allés jusqu'à pénétrer dans son appartement qu'ils avaient vandalisé. Au moins trois autres manifestants avaient alors été arrêtés pour leur implication présumée dans cet acte, selon un avocat des protestataires. D'après notre publication en anglais L'Orient Today, qui cite un groupe d'avocats proches de la contestation, M. Merhebi a porté plainte contre X pour vol après l'assaut de son appartement. Toutefois, selon notre journaliste Lyana Alameddine, un des activistes, Ahmad Ghanam, a été libéré en début de soirée, alors que plusieurs autres, dont Majid Ramadan, Wassim Danaoui et Khodr Eido sont toujours en détentions. 

C'est dans ce contexte que plusieurs dizaines de personnes ont à nouveau manifesté lundi devant la maison du député du Akkar. Présente sur les lieux, une femme âgée de 23 ans qui a requis l'anonymat a confié à L'Orient-Le Jour qu'elle manifeste parce que "son ami, Khodr Eido, est détenu et accusé par Tarek Merhebi de lui avoir volé de l'argent et un iPad". "Ces accusations sont fausses", a-t-elle dénoncé, assurant qu'"une vidéo prouve que les protestataires avaient demandé aux forces de sécurité de les accompagner (à l'intérieur de l'appartement), assurant qu'ils voulaient uniquement entrer par effraction dans le domicile de M. Merhebi sans voler quoi que ce soit". "Nous attaquons les domiciles des dirigeants politiques parce qu'ils sont responsables de l'explosion qui a eu lieu au Akkar, de la négligence et de la contrebande dans la région", a ajouté la contestataire. "C'est notre seul moyen de les mettre en cause, étant donné que le pouvoir judiciaire, sur lequel les dirigeants politiques ont une emprise, ne le fait pas", a-t-elle enfin noté, soulignant que ce que les manifestants font relève de l'"auto-défense".
Christina, 22 ans, également présente devant le domicile du député, a dénoncé "l’oppression qui sévit dans le pays et qui brise le peuple", assurant que son ami Ahmad Ghanam, également détenu dimanche soir par les FSI, n'est pas entré par effraction dans la maison de M. Merhebi.
"Les dirigeants politiques ne se sentiront plus en sécurité dorénavant", a scandé un autre manifestant, alors que la foule réclamait la levée des immunités des responsables.

En soirée, la route menant du quartier de Spears, où se trouve la maison du député Merhebi, à Achrafieh, a été coupée par des manifestants, "afin de réclamer des comptes aux responsables qui ont causé l'explosion dans le Akkar" et de protester contre les répercussions de la crise.

Cible des manifestations
Par ailleurs, réagissant à ces développements sur le terrain, des proches des familles de victimes du 4 août ont dénoncé les plaintes déposées par M. Merhebi à l'encontre des manifestants. Après avoir déposé ces plaintes, "M. Merhebi est devenu la cible de nos manifestations", ont ajouté ces familles. Elles ont en outre souligné qu'il était dans le viseur de leurs protestations pour avoir signé la pétition parlementaire pour que les ex-ministres inculpés par le juge Tarek Bitar, chargé de l'enquête sur la déflagration au port de Beyrouth, comparaissent devant la Haute cour de justice.  Tentant de court-circuiter cette inculpation, plusieurs députés, dont des parlementaires relevant des groupes du président de la Chambre, Nabih Berry, et du leader du Courant du Futur Saad Hariri, avaient signé cette pétition, considérée par de nombreux observateurs comme une tentative de court-circuiter la justice. "Ce que les manifestants arrêtés ont fait (au domicile de M. Merhebi, ndlr) nous représente", ont expliqué les proches des victimes dans un communiqué, ajoutant que "toute personne impliquée dans le crime des explosions au port de Beyrouth, mais également toute personne qui fuit la justice ainsi que leurs propriétés et leurs familles feront l'objet de notre mobilisation dans les jours à venir". "Nous ne serons apaisés que lorsque nous saurons la vérité et que la justice sera rendue", ont-ils enfin précisé.

"Que tombe l'Etat policier ! Les manifestants exigent la libération immédiate de Khodr Eido et de tous ses camarades arrêtés par les agences répressives de l'Etat", avait de son côté demandé sur Twitter le mouvement Minteshreen, issu du soulèvement populaire du 17 octobre 2019. "Nous ne succomberons pas aux tentatives d'intimidation alors que le système des criminels du nitrate nous tue quotidiennement", avait souligné le groupe, en référence aux responsables politiques qui avaient connaissance des tonnes de nitrate d'ammonium entreposées sans mesure de précaution dans le port de Beyrouth et qui ont provoqué l'explosion meurtrière du 4 août.

Alors que certains militants qui avaient protesté dimanche soir devant les domiciles de députés après le drame du Akkar restent en détention, un nouveau sit-in a été organisé lundi après-midi, pour le deuxième jour consécutif, devant le domicile de Tarek Merhebi, membre du Futur. En début de journée, des manifestants s'étaient rassemblés devant le siège de la Sécurité intérieure près de l'hôpital Hôtel Dieu de France pour exiger la libération des protestataires arrêtés.La mobilisation de la veille, visant à protester contre la corruption des responsables quelques heures après l'explosion d'une cuve d'essence à Tleil, qui avait fait des dizaines de victimes, avait été violemment réprimée par les forces de l'ordre, qui avaient mis en garde contre toute attaque contre les maisons de responsables. Un...