La centrale de Zahrani (Liban-Sud). Photo d’archives Mahmoud Zayyat/AFP
Electricité du Liban, l'office qui gère le réseau électrique libanais, a annoncé dimanche que huit transformateurs répartis sur le territoire étaient désormais "hors de son contrôle" suite à des actes de vandalisme commis par des riverains, selon la compagnie, au moment où le Liban, frappé d'une grave crise, est en proie à un rationnement sévère de courant.
"Depuis jeudi soir et jusqu'à présent, huit transformateurs sont désormais hors de contrôle : il s'agit de ceux situés à Horj, Basta, Tyr, Baalbeck, Msayleh, Zahrani, Wadi Jilo et Nabatiyé", souligne EDL dans un communiqué. L'office explique que cela est dû "à une hausse de la fréquence des violations commises par certains citoyens". La compagnie accuse ces individus de trafiquer les installations afin d'alimenter certaines régions en heures de courant supplémentaires, privant d'autres d'électricité. EDL a enfin appelé les forces de sécurité à reprendre le contrôle de ces installations.
Le Liban est en proie depuis l'automne 2019 à une crise qualifiée par la Banque mondiale comme l'une des pires au monde depuis 1850. A court de devises, le pays peine à importer suffisamment de fuel pour faire fonctionner ses centrales électriques. Depuis mi-2020, EDL a réduit la production d’électricité, provoquant des rationnements de courant pouvant dernièrement atteindre 23 heures par jour. En temps normal, des générateurs privés prennent le relais lors du rationnement du courant fourni par l'Etat mais en raison de pénuries de mazout, les propriétaires de ces groupes électrogènes sont obligés de les éteindre plusieurs heures en journée et pendant la nuit, obligeant les habitants du Liban à vivre sans électricité.
Depuis quelques jours, et suite à une décision de la Banque du Liban de mettre un terme aux subventions sur les hydrocarbures, de nombreux secteurs vitaux du pays sont paralysés. Les prix des hydrocarbures pourrait plus que tripler en cas de levée totale des subventions en question.

