Des manifestants empêchant le passage d'un camion-citerne sur la route maritime de Saïda, le 14 juillet 2021. Photo ANI
Alors que les pénuries d'hydrocarbures deviennent de plus en plus sévères dans un Liban en plein effondrement socio-économique, des camions-citernes transportant du mazout ont été interceptés mercredi par des habitants qui souffrent d'un rationnement en électricité à Chekka (Nord) et Saïda (Sud).
Le Liban est soumis à un rationnement sévère du courant électrique, qui n'est distribué que quelques heures par jour, tandis que la pénurie de mazout empêche les exploitants de générateurs privés de faire tourner leurs appareils, qui doivent normalement pallier le déficit de la production publique.
Dans ce contexte, des habitants de localité de Chekka ont bloqué dans la journée le passage d'une citerne de mazout dans la localité, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Ils ont vidé son chargement dans une station-service de Chekka afin qu'il soit distribué aux propriétaires de générateurs privés de la région confrontés à un rationnement sévère de l'électricité fournie normalement par l'Etat.
Un incident similaire était survenu tôt au matin dans le quartier de Qiaa, à Saïda, lorsqu'un groupe d'habitants qui souffrent d'une coupure totale du courant ont tenté d'empêcher le passage d'une citerne de mazout. Le conducteur ayant essayé de forcer le passage en fonçant au milieu des protestataires, des échauffourées sont survenues. Les forces de sécurité intérieure ont dû intervenir pour disperser les habitants et permettre au véhicule de poursuivre son chemin.
Toujours au Sud, des habitants du village de Zefta ont bloqué, dans la nuit de mardi à mercredi, la route reliant Nabatiyé à Zahrani au niveau de la localité de Nmairiyeh au moyen de pneus enflammés pour dénoncer le rationnement sévère en électricité et de l'arrêt des générateurs privés. Ils ont également intercepté un camion-citerne transportant du mazout qui passait dans la localité et ont vidé une partie de sa charge pour alimenter un générateur privé qui rationne des habitations de la région.
Les incidents impliquant des camions transportant du carburant sont devenus monnaie courante au Liban, tout comme ceux survenant devant les stations-service. Les pénuries seraient dues, selon les professionnels du secteur, à des modifications apportées par la Banque du Liban au mécanisme de subventions pour l'importation de ces produits, tandis que la contrebande vers la Syrie et le stockage illégal de produits dans l'attente d'une levée des subventions, aggravent aussi la crise.

