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Dernières Infos - Crise politique au Liban

Washington accuse les dirigeants "d'échec collectif" et dit envisager "toutes les options"

Washington accuse les dirigeants

Le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price. Photo d'archives/AFP

Le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price, a accusé mercredi les dirigeants libanais "d'échec collectif" face à la crise politique que connaît le pays depuis près d'un an alors que les protagonistes ne parviennent pas à s'entendre sur la formation d'un nouveau cabinet, soulignant que Washington "envisage toutes les options" pour aider le peuple libanais, ce qui inclut l'éventualité de sanctions dirigées contre des responsables. 

Répondant à une question d'un journaliste concernant la responsabilité du blocage politique au Liban, M. Price a affirmé, lors d'un point presse à Washington, qu'il s'agissait d'un "échec collectif de la part de ceux qui se disent être les +responsables+ au Liban". "De vrais responsables devraient faire preuve de flexibilité et faire passer les intérêts de leur peuple avant les leurs, ce que nous n'avons vu de la part d'aucun dirigeant alors que le Liban attend un gouvernement depuis plus d'un an". "Il est temps que les responsables libanais fassent ce qu'il faut faire", a-t-il déclaré. 

"Nous sommes actuellement en train d'étudier un certain nombre d'outils qui sont à notre disposition pour aider le peuple libanais. Nous avons déjà évoqué la question des aides humanitaires et les appels lancés aux dirigeants, mais il y a évidemment d'autres moyens qui nous permettraient de demander des comptes à ceux qui sont responsables" du blocage, a ajouté Ned Price. "Nos partenaires les plus proches (l'Union européenne et la France) ont mis en place des sanctions, et nous pouvons utiliser également ce type d'outils", a-t-il ajouté, soulignant que Washington n'annoncerait pas à l'avance son recours à un tel mécanisme, ce qui risquerait de le rendre "moins efficace". "Nous continuons d'envisager toutes nos options pour assurer de l'aide humanitaire, la sécurité, la stabilité et, à long-terme, la prospérité au peuple libanais", a-t-il déclaré.

Le cabinet de Hassane Diab avait démissionné le 10 août 2020, dans la foulée de la double explosion au port de Beyrouth. Depuis, deux Premiers ministres désignés, dont l'ex-président du Conseil Saad Hariri, se sont cassés les dents sur la formation du gouvernement et notamment sur les revendications des différentes formations politiques. Ce blocage a lieu alors que le pays connaît une crise économique et financière sans précédent, qui a poussé plus de la moitié de la population sous le seuil de pauvreté. 

Le porte-parole a dans ce cadre rappelé que, plus tôt dans la journée, le président Joe Biden avait promis, lors d'une conférence internationale de soutien organisée par Paris, 100 millions de dollars d'aides humanitaires, qui seraient versées directement à la population au travers de projets menés par des partenaires au Liban, sans passer par les autorités. Il a souligné que ces aides comprendraient notamment des projets éducatifs et d'accès aux services de base comme les ressources hydrauliques, rappelant que les Etats-Unis restent le plus gros donateur de fonds humanitaires à destination de Beyrouth. 

Concernant les manifestations organisées dans la journée pour la commémoration des explosions au port et les tensions avec les forces de l'ordre, le responsable américain a indiqué que "les Libanais ont le droit de manifester pacifiquement pour demander des comptes à leurs dirigeants et s'assurer qu'ils respectent leurs obligations. La violence ne devrait jamais être utilisée contre des manifestants pacifiques. Les Libanais sont frustrés, ce qui est compréhensible au vu de la situation, et ils doivent avoir le droit d'exprimer cette frustration de manière pacifique".



Le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price, a accusé mercredi les dirigeants libanais "d'échec collectif" face à la crise politique que connaît le pays depuis près d'un an alors que les protagonistes ne parviennent pas à s'entendre sur la formation d'un nouveau cabinet, soulignant que Washington "envisage toutes les options" pour aider le peuple libanais, ce qui inclut...