Des parents d'étudiants libanais à l'étranger manifestant devant l'ambassade de France à Beyrouth, le 5 mai 2021. Photo d'archives ANI
Des parents d'étudiants libanais à l'étranger ont dénoncé mercredi la "négligence flagrante" des responsables concernant la non-application de la loi sur le dollar étudiant, qui doit leur permettre de transférer des fonds à leurs enfants, et réclamé une nouvelle fois qu'elle soit respectée par les banques, qui imposent des restrictions sévères et illégales à leurs clients.
Ces parents ont dénoncé dans un communiqué "la négligence flagrante et le travail timide des responsables concernés par la cause des étudiants à l'étranger", regrettant le fait qu'ils "ne se soucient pas de leur douleur" depuis un an et demi. Ils ont ainsi appelé les responsables à appliquer la loi 193 sur le dollar étudiant afin de payer le reste des frais universitaires de leurs enfants et d'éviter qu'ils ne perdent leur place dans les établissements d'enseignement supérieur à l'étranger lors de la prochaine rentrée académique.
Les parents ont par ailleurs précisé qu'ils avaient consulté le chef du Parlement libanais, Nabih Berry, qui a recommandé "le recours au pouvoir judiciaire pour poursuivre les banques qui ne respectent pas (l'application de la loi sur le dollar étudiant)". La grève de l'Ordre des avocats, toujours en cours, a toutefois retardé ces procédures, ont-ils déploré. "Nous appelons le pouvoir judiciaire à étudier les plaintes déposées à l'encontre des banques afin de sauvegarder l'avenir des étudiants à l'étranger, tout comme nous appelons l'Ordre des avocats et le bâtonnier de Beyrouth, Melhem Khalaf, à nous aider en suspendant la grève", ont-ils enfin plaidé.
La loi sur le dollar étudiant permet théoriquement le transfert à l’étranger d’un montant annuel de 10.000 dollars, calculé sur la base du taux officiel maintenu à 1.515 livres pour un dollar, à tout étudiant inscrit dans une université étrangère pour l’année universitaire 2020-2021. Ce texte a été adopté par le Parlement en octobre 2020 alors que les banques imposent, depuis près de deux ans, des restrictions drastiques et illégales aux déposants sur leurs retraits et les transferts, et que le dollar s'échange aux alentours de 20.000 L.L. sur le marché parallèle ces derniers jours. Mais les établissements bancaires refusent toujours d'effectuer ces transactions, ce qui pousse les parents d'étudiants libanais à l'étranger à manifester régulièrement.

