L'entrée du palais présidentiel de Baabda. Photo d'archives Ibrahim Tawil
Suite à la récusation du Premier ministre désigné Saad Hariri le 15 juillet dernier, après un bras de fer politique qui a duré neuf mois, les consultations parlementaires contraignantes convoquées par le chef de l'Etat, Michel Aoun, ont début lundi à 10h30 au palais de Baabda. Le milliardaire sunnite de Tripoli et ex-Premier ministre, Nagib Mikati, est quasiment assuré d’être nommé pour tenter de former le prochain cabinet, mais sa capacité, une fois désigné, à mettre sur pied un gouvernement dans les circonstances actuelles, est mise en doute.
Les consultations ont commencé à 10h30, le président de la République commençant par recevoir Najib Mikati en sa qualité d'ancien Premier ministre. Il doit par la suite recevoir les anciens Premiers ministres Saad Hariri et Tammam Salam. Il se réunira ensuite avec le vice-président de la Chambre, Elie Ferzli, avant de s'entretenir avec les blocs du Futur (de M. Hariri), du Hezbollah, le groupe parlementaire "National" (comprenant notamment le député Marada Tony Frangié), celui du Parti socialiste progressiste (du leader druze Walid Joumblatt), le bloc du "Centre indépendant" de M. Mikati, le bloc du Parti social nationaliste syrien, la Rencontre consultative (des députés sunnites prosyriens), le bloc des Forces libanaises, neuf députés indépendants, le bloc Amal (du président de la Chambre, Nabih Berry), le bloc aouniste, les députés arméniens et la "Garantie de la montagne", bloc constitué de députés aounistes du Chouf et du druze Talal Arslane. Ce programme de consultations devrait se terminer vers 17h avec l'annonce du nom du Premier ministre désigné.
Saad Hariri avait annoncé le 15 juillet qu'il renonçait à former un gouvernement, près de neuf mois après avoir été nommé et au moment où le pays est confronté à la pire crise socio-économique de son histoire. M. Hariri avait été désigné Premier ministre en octobre 2020 et devait mettre en place une équipe censée lancer des réformes indispensables pour débloquer notamment des aides internationales cruciales. Mais après des mois de marchandages interminables avec le camp du président libanais, il a fini par jeter l'éponge, notamment en raison du conflit politico-personnel qui l'oppose à M. Aoun et son gendre, Gebran Bassil.
Durant les jours écoulés, les noms de plusieurs figures sunnites susceptibles d'être nommées au poste de Premier ministre ont circulé dans la presse : Fayçal Karamé, Fouad Makhzoumi, Nawaf Salam, ou encore Jawad Adra..., mais finalement, c’est Nagib Mikati qui a réussi à la veille des consultations à obtenir un soutien étriqué de la part des groupes parlementaires.
Si Nagib Mikati obtient la majorité parlementaire à l’issue des consultations, il devra sans tarder entamer ses concertations pour la formation de son équipe. Selon plusieurs médias, le député de Tripoli s’est donné jusqu’au 4 août, date anniversaire de la double explosion du port, pour mettre en place son gouvernement. Il n’a pas besoin de plus pour sonder les intentions de ses interlocuteurs politiques.
En octobre dernier, les consultations parlementaires devant être organisées après la récusation du Premier ministre désigné Moustapha Adib avaient été reportées d'une semaine afin d'obtenir un plus large consensus sur la personne de Saad Hariri, notamment au niveau des parties chrétiennes. Ce dernier avait finalement été désigné le 22 octobre 2020.

