Le drapeau américain. Photo d'archives / AFP
Les Etats-Unis ont jugé "décevant" jeudi le renoncement du Premier ministre désigné au Liban, Saad Hariri, à former un gouvernement près de neuf mois après sa nomination et en pleine crise économique et politique dans le pays.
L'abandon de M. Hariri "est une nouvelle déception pour le peuple libanais", a affirmé dans un communiqué le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, jugeant "essentiel qu'un gouvernement engagé et capable de mener des réformes prioritaires soit maintenant formé". Le Liban est enfoncé dans la crise depuis l'explosion dévastatrice du port de Beyrouth le 4 août 2020, qui avait fait plus de 200 morts et 6.500 blessés, assénant un coup de grâce à une population déjà à genoux.
Plusieurs fois Premier ministre et de nouveau choisi en octobre, Saad Hariri reprochait depuis plusieurs mois au président Michel Aoun d'entraver la formation de son gouvernement en insistant sur une "minorité de blocage" au sein de la prochaine équipe et en cherchant à imposer une répartition "confessionnelle et partisane" des portefeuilles. M. Hariri avait plusieurs fois indiqué son attachement à un gouvernement de technocrates, réclamé à l'international. "La classe politique libanaise a gaspillé les 9 derniers mois", a asséné jeudi le chef de la diplomatie américaine, qui appelle les dirigeants du pays du Cèdre à "mettre leurs différends de côté sans tarder". Outre le sauvetage de "l'économie libanaise en chute libre", le nouveau gouvernement devra s'attacher à mettre en oeuvre les élections parlementaires de 2022, "dans les temps et organisées de façon libre et équitable", a réclamé Antony Blinken. Michel Aoun doit désormais entamer des consultations pour choisir un successeur à M. Hariri.


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