Un drapeau arménien. Photo d'archives AFP
Un soldat arménien a été tué mercredi dans un échange de tirs avec les forces azerbaïdjanaises qui ont "également subi des pertes", a annoncé le ministère arménien de la Défense. Il s'agit du dernier incident en date entre les deux pays rivaux du Caucase après une guerre au Nagorny Karabakh l'année dernière.
Selon le ministère arménien de la Défense, le soldat est mort à la frontière entre les deux pays. Le ministère a accusé l'Azerbaïdjan d'avoir ouvert le feu sur les forces arméniennes, les obligeant à riposter. "Le côté azerbaïdjanais a également subi des pertes", a ajouté le ministère. Bakou a rétorqué que les forces arméniennes avaient ouvert le feu près du Nakhitchevan, exclave azerbaïdjanaise dans le Sud-Ouest de l'Arménie, blessant l'un de ses soldats. La semaine dernière, l'Arménie et l'Azerbaïdjan s'étaient également accusés mutuellement d'avoir ouvert le feu, faisant chacun état d'un soldat blessé, dans le district oriental de Guégarkounik frontalier de celui de Kalbajar, que les forces azerbaïdjanaises avaient repris à l'automne après quasiment trois décennies sous contrôle arménien.
L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont livrés une courte guerre, faisant 6.000 morts, à l'automne 2020 pour l'enclave du Nagorny Karabakh qui avait déjà fait l'objet d'une guerre sanglante dans les années 1990. Le conflit de l'automne s'est soldé par la défaite de l'Arménie, contrainte de céder plusieurs régions formant un glacis autour de l'enclave séparatiste. Malgré la signature d'un cessez-le-feu et le déploiement de soldats de maintien de la paix russes, les tensions restent fortes entre les deux ex-républiques soviétiques. Elles avaient failli dégénérer en mai, l'Arménie ayant accusé son voisin d'avoir violé la frontière pour prendre le contrôle de terres au bord du Lac Sev, que se partagent les deux pays. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev s'est dit le 20 mai prêt à des pourparlers de paix avec l'Arménie. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé le même jour qu'un accord avec l'Azerbaïdjan était en préparation, sous l'égide de la Russie, concernant la délimitation et démarcation de leur frontière.

