Le porte-parole du département d'État Ned Price. Photo TOM BRENNER / AFP
Les Etats-Unis ont jugé mardi "inquiétant" que l'Iran souhaite s'affranchir un peu plus de ses engagements en matière nucléaire et l'ont appelé à mettre un terme à ses "provocations". "C'est inquiétant que l'Iran ait choisi l'escalade (...) avec des expériences qui ont de l'intérêt pour la recherche d'armes nucléaires", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Ned Price.
Téhéran avait débuté en février la production d'uranium métal à des fins de recherche, un sujet sensible car cette matière peut être utilisée dans la fabrication d'armes nucléaires. Il veut désormais passer à un degré supérieur d'enrichissement, avec un taux de 20%, a confirmé mardi l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
"C'est un nouveau pas en arrière de la part de l'Iran alors que nous avons montré notre intention sincère de revenir" dans l'accord sur le nucléaire iranien, conclu en 2015 à Vienne, a commenté Ned Price. Ce "plan d'action global commun" (JCPOA, selon son acronyme anglais) offrait à Téhéran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l'arme atomique et d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l'ONU. Mais ce pacte a été torpillé en 2018 par la décision de l'ex-président américain Donald Trump de s'en retirer et de rétablir les mesures punitives américaines. En riposte, l'Iran a renoncé à la plupart de ses obligations. Des pourparlers ont repris en avril dans la capitale autrichienne pour faire revenir Washington dans cet accord, mais elles sont au point mort.
"Nous continuons à penser que la voie diplomatique est la meilleure et la plus efficace pour s'assurer que l'Iran n'acquière pas d'arme nucléaire", a estimé le porte-parole de la diplomatie américaine. Mais "de telles provocations ne donneront aucun levier à l'Iran dans les discussions", a-t-il ajouté. "Nous continuons à appeler l'Iran à mettre un terme à cette surenchère, à revenir à Vienne pour de réelles négociations, et à être prêt à terminer le travail que nous avons entamé en avril".
Dans un communiqué commun, les ministres des Affaires étrangers de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni ont également exprimé leur "grande préoccupation" au sujet du rapport de l'AIEA. "L'Iran fait peser un risque sur la possibilité de conclure avec succès les discussions de Vienne", ont-ils jugé.

