Le ministre libanais sortant des Affaires sociales, Ramzi Moucharrafiyé (c), lors d'une réunion autour de la question des réfugiés syriens au Liban, le 13 juin 2021. Photo envoyée par notre correspondante Hoda Chedid
Le ministre sortant des Affaires sociales et du Tourisme, Ramzi Moucharrafiyé, et la coordonnatrice spéciale adjointe de l'ONU au Liban et coordinatrice des affaires humanitaires, Najat Rochdi, ont passé en revue dimanche le plan du Liban concernant le retour dans leur pays des réfugiés syriens ayant fui en 2011 le conflit qui ravage la Syrie.
Cette réunion, qui s'est tenue au siège du ministère des Affaires sociales, visait à évaluer les progrès enregistrés entre 2017 et 2021, selon un communiqué officiel publié à l'issue de la réunion.
Le pays du Cèdre accueille 1,5 million de réfugiés syriens, d'après les autorités locales. Moins d'un million d'entre eux sont enregistrés auprès du HCR. Les dirigeants libanais estiment régulièrement que la crise socio-économique et financière aiguë que traverse le Liban depuis plus d'un an et demi est, au moins partiellement, due à la présence des réfugiés. Le Liban qui n'est pas signataire de la Convention de Genève du 28 juillet 1951 ne reconnaît pas les Syriens comme des réfugiés mais comme des déplacés. Ce statut juridique donne à l'Etat d'accueil des obligations moindres. Le Premier ministre sortant, Hassane Diab, réclame l'aide de la communauté internationale pour mettre en œuvre le plan approuvé en juillet 2020 par le gouvernement libanais et qui ambitionne un "retour progressif" des réfugiés syriens. Ce plan repose sur trois principes : ne pas lier le retour des réfugiés à une solution politique en Syrie (comme le prône la communauté internationale) ; le respect des droits de l'Homme et du principe de non-refoulement ; et un retour digne des réfugiés vers des destinations sûres en Syrie.
"Le plan du Liban, même s'il a permis d'obtenir de meilleurs résultats que les années précédentes, n'a pas permis d'empêcher l'effondrement économique. Il a toutefois contribué à alléger ses conséquences", a estimé M. Moucharrafiyé, en prenant la parole durant la réunion. Il a rappelé que "le nombre de personnes bénéficiant d'aides alimentaires et matérielles a doublé depuis 2019", et que l'aide monétaire accordée en 2020 a augmenté de 26% à l'attention des Libanais et de 31% pour les Syriens.
Il a estimé que le maintien des subventions de l'Etat libanais, et qui bénéficient autant aux réfugiés syriens qu'aux populations d'accueil au Liban, devrait se poursuivre, alors même que les réserves de la Banque centrale sont au plus bas et que ces subventions vont bientôt devoir être suspendues.
Ramzi Moucharrafiyé a enfin rappelé que le retour des réfugiés syriens était "la meilleure solution pour les Libanais et les Syriens, alors que les infrastructures libanaises sont dramatiquement épuisées".
Quant à Najat Rochdi, elle a noté, selon un communiqué du ministère libanais, que les besoins "ont grandement augmenté en raison des multiples crises au Liban durant les deux dernières années (...)". "Ces crises impactent tout le monde au Liban, sans discrimination de nationalité", a-t-elle estimé, en rappelant qu'environ 1,2 million de Libanais et 1,2 million de réfugiés syriens "ont besoin d'une aide humanitaire urgente". Elle a renouvelé l'engagement de l'ONU à apporter son aide pour répondre aux "besoins urgents de tous les résidents".
Najat Rochdi a enfin estimé que "les conditions pour un retour volontaire et à grande échelle des réfugiés syriens ne sont toujours pas assurées", contredisant ainsi les autorités libanaises sur ce point.

