Des véhicules faisant la file devant une station-service. Photo ANI
Le représentant des distributeurs de carburant, Fadi Abou Chakra, a demandé mardi aux services de sécurité d'assurer "la protection des stations-services", alors que les files de voitures s'allongent devant elles en raison de fortes pénuries d'essence, provoquant des embouteillages monstres.
"Nous appelons les services de sécurité à assurer la protection des stations-services qui connaissent de longues files d'attente", a-t-il demandé lors d'un entretien avec la chaîne locale LBCI mardi matin, tandis que, selon les régions, les conducteurs peuvent attendre entre dix minutes et plusieurs heures pour faire le plein.
"Nous attendons une solution à cette crise, même si ce n'est pas une solution tenable sur le long terme, car la situation actuelle n'est plus supportable", a affirmé le représentant des distributeurs de carburant, avertissant que "la demande de carburant augmentera en été". De nombreux Libanais expatriés rentrent au pays pendant les vacances d'été. "L'Etat a la responsabilité de la sécurisation des quantités (de carburant)", a-t-il ajouté.
Selon lui, "les causes de la crise sont les rumeurs sur la levée des subventions sur le carburant et l'absence d'ouverture des lignes de crédit pour les navires-citernes". "Les navires transportant du carburant sont arrêtés et ne sont pas déchargés car les lignes de crédit n'ont pas été ouvertes", a-t-il affirmé, alors que l'Etat en faillite peine à financer les importations d'essence. Il a affirmé qu'il respectait pour sa part les tarifs émis par le ministère de l'Energie, lequel fixe chaque semaine le prix de l'essence, du mazout et du gaz.
Les importations d’essence sont subventionnées par la BDL depuis le début de la crise que traverse le pays. La Banque du Liban vend ainsi au taux officiel des dollars puisés dans ses réserves de devises aux importateurs qui les utilisent pour payer leurs fournisseurs, un procédé qui limite l’inflation des prix en livres sur le carburant qu’entraîne la forte dépréciation de la monnaie nationale. Les autorités prévoient de rationaliser ces subventions, les réserves ayant atteint un niveau critique, tandis qu’une partie de l’essence importée finit par alimenter la contrebande vers la Syrie, pays en conflit et sanctionné, notamment par les États-Unis et l’Union européenne.

