La future présidente-directrice du Louvre, Laurence des Cars. Alain Jocard/AFP
À la tête de deux temples de l’art en l’espace de quatre ans : future présidente-directrice du Louvre, Laurence des Cars dirige le musée d’Orsay à Paris, où elle a développé une programmation innovante et ouverte aux jeunes générations. Elle sera au 1er septembre la première femme à accéder à la tête du Louvre, le plus grand musée du monde. Fille du journaliste et écrivain Jean des Cars, petite-fille du romancier Guy des Cars, cette spécialiste de l’art du XIXe et du début du XXe siècle se veut une directrice de son temps, se mobilisant pour un accès plus large des jeunes au musée, pour les restitutions d’œuvres spoliées par les nazis ou encore pour des expositions en lien avec des débats d’actualité.
Cette femme brune de 54 ans a été notamment derrière l’expo événement « Le modèle noir » en 2019 au musée d’Orsay, qu’elle préside depuis quatre ans et qui connaît un succès tel qu’elle a décidé d’en élargir les espaces.
Après des études d’histoire de l’art à l’université Paris IV-Sorbonne et à l’École du Louvre, elle intègre l’École nationale du patrimoine et prend son premier poste de conservatrice au musée d’Orsay en 1994, où elle demeure jusqu’en 2007.
C’est durant cette période qu’elle est commissaire de plusieurs expositions en collaboration avec des musées internationaux, comme le Metropolitan Museum of Art, la Royal Academy of Art de Londres ou le musée Thyssen à Madrid.
Elle est nommée directrice scientifique de l’agence France-Muséums en juillet 2007, opérateur français chargé du développement du Louvre Abou Dhabi, puis promue dans le corps des conservateurs généraux du patrimoine en 2011.
Son parcours prend un nouveau tournant lorsqu’elle est nommée en 2014 directrice du musée de l’Orangerie, un musée d’art impressionniste et postimpressionniste qui expose en particulier les gigantesques Nymphéas de Monet, puis en 2017 du musée d’Orsay.
Regarder l’histoire en face
Sous son mandat, le nombre de visiteurs d’Orsay, l’un des plus grands musée d’Europe pour la période allant de 1848 à 1914, n’a cessé de croître : jusqu’à 3 700 000 visiteurs en 2019, avec un niveau d’autofinancement atteignant 64 %.
En pleine pandémie, la directrice se lance dans « Orsay grand ouvert », un projet qui va élargir le musée, grâce notamment à un don de 20 millions d’euros d’un mécène américain resté anonyme.
Objectif : plus d’espaces d’expositions, un centre éducatif de 650 m² et un centre de recherches ouvert à l’international qui sera inauguré en 2024, une dimension chère à l’historienne.
Elle pratique de nombreux prêts en région. « En 2019, plus de 600 œuvres que nous conservons ont été vues, d’Ornans à Giverny », affirmait-elle en 2020 au Figaro.
Lors d’un entretien en avril, elle soulignait sa vision d’un musée dont la programmation serait ancrée « au sein des grands enjeux de société, en attirant ainsi les nouvelles générations ».
« Dans un monde qui peut chahuter, rejeter le musée », elle veut s’adresser aux « visiteurs de tous les âges et de toutes les origines socio-culturelles ».
Sous son impulsion, le ministère de la Culture lance la procédure de restitution du tableau de Gustav Klimt Rosiers sous les arbres, conservé au musée d’Orsay, aux ayants droit de Nora Stiasny qui en a été spoliée à Vienne en août 1938 par les nazis.
« Un grand musée se doit de regarder en face l’histoire, y compris en se retournant sur l’histoire même de nos institutions », avait-elle commenté.
Rana MOUSSAOUI/AFP
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