Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, lors d'une conférence de presse à Bagdad, en Irak, le 26 avril 2021. Photo AFP / AHMAD AL-RUBAYE
Le ministère iranien des Affaires étrangères a tenté lundi de minimiser des déclarations ayant fuité du chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif, critiquant le rôle du défunt général Kassem Soleimani dans la politique étrangère du pays.
Des médias à l'étranger, dont le New York Times, ont diffusé ces derniers jours ce qu'ils ont présenté comme des extraits d'un enregistrement sonore d'une conversation de M. Zarif mais sans préciser notamment comment ils les avaient obtenus. D'après un extrait publié dans le quotidien américain, le ministre a dit : "En République islamique, le champ militaire règne. J'ai sacrifié la diplomatie au (profit) du champ militaire" alors que le "champ militaire" doit être "au service de la diplomatie".
Surnommé "l'homme des champs de bataille", Kassem Soleimani a été tué dans une frappe américaine de drone à Bagdad en janvier 2020. Il était le chef de la Force al-Qods, chargée des opérations extérieures des gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran.
Lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Saïd Khatibzadeh a souligné que les propos tenus par M. Zarif dans l'enregistrement ayant fuité reflétaient une "opinion personnelle" et étaient censés être "confidentiels". "Ce qui a été publié" est une conversation de plus de trois heures "dans le cadre d'entretiens de routine et confidentiels au sein du gouvernement", a-t-il ajouté. "Ces conversations à huis clos sont très sérieuses, transparentes et franches" en Iran, a poursuivi M. Khatibzadeh, avertissant que divulguer un "contenu considéré confidentiel constituait un délit".
"Jeu politique"
Les propos enregistrés du ministre ont été critiqués par des médias et des parlementaires conservateurs.
L'agence de presse Fars a reproché à M. Zarif de se présenter comme "un symbole de la diplomatie" face à Kassem Soleimani, symbole du "champ" de bataille.
Selon le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, "la sagesse et le courage de Haj Kassem (Soleimani) ont conquis les champs (de bataille) et ouvert la voie à la diplomatie", dénonçant "le jeu politique" et "la naïveté" des critiques du général mais sans évoquer explicitement les propos du ministre.
"M. Zarif met en cause des sujets faisant partie des lignes rouges de la République islamique", a dit le député ultraconservateur Nasrollah Pejmanfar, cité par Fars, en exigeant des "explications" du ministre.
En visite à Bagdad lundi, M. Zarif s'est rendu sur les lieux de l'assassinat de Soleimani près de l'aéroport de Bagdad. Lors d'une conférence de presse, il l'a qualifié de "martyr" et de "héros de la lutte contre Daech", acronyme arabe du groupe jihadiste Etat islamique, sans faire allusion à la polémique.
Des médias à l'étranger, dont le New York Times, ont diffusé ces derniers jours ce qu'ils ont présenté comme des extraits d'un enregistrement sonore d'une conversation de M. Zarif mais sans préciser notamment comment ils les avaient obtenus. D'après un extrait publié dans le quotidien américain, le ministre a dit : "En République islamique, le champ militaire règne. J'ai sacrifié la diplomatie au (profit) du champ militaire" alors que le "champ militaire" doit être "au service de la diplomatie".Surnommé "l'homme des champs de bataille", Kassem Soleimani a été tué dans une...

