Pas de pénurie d’essence, martèle une nouvelle fois Georges Brax Des automobilistes faisant la file devant une station-service de Nabatiyé, dans le Sud. Photo ANI
Le représentant des distributeurs de carburant, Fady Abou Chakra, a déclaré mardi matin qu'il y avait bien une pénurie de carburant sur le marché local, alors que, depuis lundi, de nombreuses stations d'essence ont fermé leurs portes ou rationné les quantités autorisées à l'achat pour chaque véhicule. "Les distributeurs (d'essence) sont victimes de l'Etat, il y a une pénurie de carburant sur le marché", a affirmé M. Abou Chakra dans un entretien à la chaîne locale LBCI.
Des propos qui contredisent ceux du porte-parole par intérim du syndicat des propriétaires de stations-service, Georges Brax, qui avait une nouvelle fois martelé lundi qu'"il n’y avait pas de (pénurie) d’essence" dans le pays, selon une information publiée sur le site al-Markaziya.
Dans le sud du pays, à Nabatiyé, des stations ont arrêté de servir les clients par manque de stock, les autres limitent la vente d'essence à 20.000 livres par automobiliste, rapporte la chaîne locale LBCI, tandis qu'une situation similaire était observée à Baalbeck (dans la Békaa). Ce rationnement conduit à de longues files d'attente devant les stations service, un mouvement amplifié par la crainte de pénuries. Lundi, une situation similaire avait été observée dans plusieurs régions du pays.
Fixés chaque mercredi par le ministère de l’Énergie et de l’Eau, les prix de l’essence n’ont cessé de grimper ces dernières semaines, atteignant mercredi dernier, 34 800 et 35 800 livres libanaises respectivement pour les 20 litres d’octanes 95 et 98, soit une hausse de 1 300 livres en rythme hebdomadaire. Les 20 litres de mazout ont, eux, augmenté de 1 000 livres pour un coût de 24 400 livres, tandis que le prix de la bonbonne de gaz s’est élevé à 25 800 livres. Des prix déterminés à la fois par la conjoncture mondiale du prix du baril de pétrole, dernièrement en hausse et tournant hier autour des 70 dollars, ainsi que par le taux de change de la livre qui n’a cessé de fluctuer au cours du week-end écoulé pour dépasser aujourd'hui la barre des 14 000 livres le dollar sur le marché noir.

